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La décision d’organiser la finale en Côte d’Ivoire continue de susciter l’incompréhension. Pour les supporters, le choix d’un autre continent pour accueillir l’ultime rendez-vous d’une compétition naissante rompt avec l’esprit d’une finale censée rassembler les fans autour de leur équipe. Le groupe OL Ang’Elles a publiquement exprimé son opposition. Dans un message relayé sur les réseaux sociaux, les supporters lyonnais dénoncent une décision prise au détriment des équipes finalistes et de leurs publics. S’ils reconnaissent les enjeux économiques et la nécessité de soutenir le développement du football féminin, ils estiment que cela ne doit pas se faire au prix de l’ancrage local et populaire du sport.
Même tonalité du côté du Collectif Féminines Paris. Le groupe parisien dit comprendre les logiques de développement international et de partenariats, mais questionne la cohérence d’une finale exportée alors que la compétition ne bénéficie pas encore d’une diffusion intégrale en France. Pour eux, une finale doit être accessible aux supporters qui accompagnent leur équipe toute la saison. Malgré des discussions entre le club lyonnais et ses représentants de supporters, aucun compromis n’a été trouvé. Sur le terrain, pourtant, le spectacle s’annonce à la hauteur. Le weekend dernier, le Psg s’est qualifié en dominant le Paris FC (3-0) dans le derby francilien. De leur côté, les Fenottes ont confirmé leur statut en s’imposant largement à Dijon (0-4). Deux géants du football féminin français se retrouvent donc pour décrocher un trophée inédit. Mais cette première historique risque de se jouer sans le soutien massif de leurs bases traditionnelles.
Au-delà du boycott, c’est l’image de la Lffp qui se joue. La volonté d’internationaliser la compétition et d’ouvrir de nouveaux marchés est assumée. Abidjan offre une vitrine africaine et un symbole fort pour le rayonnement du football féminin francophone. Reste à savoir si cette stratégie ne crée pas une fracture avec le cœur du public. Car le développement d’une compétition repose autant sur ses partenariats que sur l’engagement de ses supporters.
Le 14 mars, la pelouse d’Abidjan accueillera une affiche prestigieuse. Mais l’absence annoncée des groupes ultras pourrait laisser un vide sonore et symbolique. Une première finale déjà historique… et déjà controversée.
A.KONE