Après des mois de mise en garde contre une famine dans le territoire ravagé par la guerre, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l’ONU basé à Rome, a confirmé qu’une famine était en cours dans le gouvernorat de Gaza. L’IPC ajoute qu’elle devrait s’étendre aux gouvernorats de Deir el-Balah et Khan Younès d’ici à fin septembre.
La famine à Gaza, officiellement déclarée par l’ONU vendredi 22 août, aurait pu être « évitée si on nous l’avait permis. Pourtant, la nourriture s’accumule aux frontières en raison de l’obstruction systématique d’Israël », a accusé le responsable de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, lors d’un point de presse à Genève.
« C’est une famine qui frappe d’abord les plus vulnérables, chacun avec un nom, chacun avec une histoire, qui prive les gens de leur dignité avant de les priver de leur vie, qui oblige un parent à choisir quel enfant nourrir. Qui oblige les gens à risquer leur vie pour chercher de la nourriture. C’est une famine qui nous concerne tous, interpelle Tom Fletcher. Tout le monde en est responsable. La famine à Gaza est la famine du monde entier. C’est une famine qui nous interpelle : « Mais qu’avez-vous fait ? ». Cette famine va et doit nous hanter tous ». Un appel qu’il adresse avant tout à Israël, jugé responsable de cette situation, mais aussi au monde entier, accusé d’« indifférence » voire de « complicité ».
Israël, en tant que force d’occupation, a l’obligation de « subvenir aux besoins de base de la population » de Gaza selon le droit international, a rappelé le Comité international de la Croix-Rouge, alors que la famine est officiellement déclarée dans le territoire. Cela « doit servir de catalyseur pour une action immédiate et concrète. Tout retard supplémentaire coûtera des vies. Toutes les parties au conflit – et les États ayant une influence sur elles – doivent faire bien davantage pour permettre un accès humanitaire sûr, soutenu et impartial », a ajouté le CICR dans un bref communiqué.
L’ONU dénonce un « crime de guerre »
Le chef des droits humains des Nations unies Volker Türk a rappelé qu’« affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre », quelques minutes après l’annonce de l’ONU. « Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer en toute impunité, a lancé pour sa part le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat, de la libération immédiate de tous les otages et d’un accès humanitaire total et sans entrave. »
Quelques heures auparavant, Israël avait menacé plus tôt de détruire la ville de Gaza si le Hamas n’acceptait pas la paix à ses conditions. Cela au lendemain du feu vert donné par le Premier ministre Benyamin Netanyahu à des négociations visant à libérer tous les otages restants à Gaza.
RFI