La thématique suscite une interrogation particulière dans la gestion des infrastructures de Btp et soulève des questions à savoir comment la digitalisation peut-elle participer à la gestion durable des ressources dans la Btp.
Interrogé sur la question, Noël Soro, directeur du pôle Hydraulique et Assainissement, chez Pfo Africa, a fait savoir que la digitalisation n’est plus une option, mais une composante essentielle de tous les projets portés par les entreprises de Btp dont son groupe. « Depuis plusieurs années, nous évoluons dans une logique de développement durable, d’économie circulaire, d’efficacité énergétique et de digitalisation », a-t-il affirmé.
Cette orientation stratégique répond à la volonté de proposer des solutions modernes et adaptées aux besoins des populations et des pouvoirs publics. Selon lui, les technologies numériques permettent aujourd’hui d’améliorer considérablement le suivi, la gestion et la performance des infrastructures hydrauliques.
Des usines pilotées en temps réel
L’illustration les plus concrètes de cette transformation numérique réside dit-il, dans la télégestion des usines d’eau potable réalisées par Pfo. « Toutes nos usines sont aujourd’hui télégérées avec un rapatriement des informations en temps réel », explique Noël Soro. Grâce à ces dispositifs, les exploitants peuvent superviser à distance l’ensemble des opérations et intervenir rapidement en cas de besoin.
Le directeur du pôle Hydraulique et Assainissement cite notamment l’exemple de l’usine de la Mé, où les équipes disposent d’outils permettant de contrôler les installations en temps réel, quel que soit leur lieu de présence. Une avancée technologique qui renforce la réactivité des opérateurs et optimise les performances des infrastructures.
Anticiper les risques grâce aux outils numériques
Au-delà de la gestion à distance, la digitalisation appliqué par le groupe explique-il a permis également d’intégrer des systèmes intelligents de surveillance destinés à sécuriser la ressource en eau.
Des stations d’alerte ont été installées en amont des centres de traitement afin de détecter instantanément toute variation de la qualité de l’eau. Ces équipements transmettent les informations en temps réel aux équipes techniques.
« Dès qu’une anomalie est signalée, des experts sont dépêchés sur le terrain pour effectuer des prélèvements et ajuster, si nécessaire, le processus de traitement. Une approche qui permet de garantir la continuité du service et la distribution d’une eau de qualité aux populations », a-t-il aux visiteurs.
Selon Noël Soro, cette transformation digitale n’est pas récente. Elle est intégrée aux projets du groupe depuis plus de cinq ans.
L’usine de la Mé, a-t-il expliqué, lancée en 2018 et mise en service en 2021, constitue l’un des exemples emblématiques de cette modernisation. D’autres infrastructures, notamment celles de Bonoua et de San Pedro, bénéficient également de technologies similaires.
« Depuis cinq à sept ans, la digitalisation est au cœur de nos projets », souligne le responsable, convaincu que l’avenir des infrastructures passera par une utilisation accrue des outils numériques et de la gestion intelligente des équipements.
Au-delà du secteur hydraulique, Pfo poursuit l’intégration des technologies numériques dans l’ensemble de ses activités. Le groupe travaille actuellement sur plusieurs projets d’envergure, dont la Tour F et la Tour café-cacao, tout en accompagnant l’État dans la réalisation d’infrastructures structurantes.
Pour terminer, il a avoué que la digitalisation n’est plus seulement un outil d’accompagnement : elle est devenue le moteur de la conception, de l’exploitation et de la performance des infrastructures modernes.
E.KOUAKOU