Saisi pour contester la décision de la Caf sur la finale de la Can 2025, le tribunal arbitral pourrait mettre plusieurs mois avant de rendre son verdict. D’après les conseils juridiques de la Fsf, ce type de procédure arbitrale dure en général entre neuf et douze mois. Les avocats de la Fédération sénégalaise de football ont fait cette révélation lors de la conférence de presse tenue jeudi 25 mars, à Paris, fournissant à l’occasion davantage de détails sur le calendrier de la procédure devant le Tas. Cependant, ce délai pourrait être largement réduit si toutes les parties acceptent une procédure accélérée. Avec l’accord de la Caf et de la Fédération royale marocaine, le Tas pourrait alors rendre sa décision en environ deux mois. Un scénario qui offrirait une résolution rapide pour l’un des litiges les plus sensibles du football africain.
Au cœur du recours, une décision rendue le 17 mars par le jury d’appel de la Caf, qui a déclaré le Sénégal forfait et attribué la victoire au Maroc. Une position en contradiction avec un premier jugement rendu le 29 janvier, dans lequel la commission de discipline avait refusé d’annuler le résultat de la rencontre, malgré son interruption pendant 14 minutes. Pour les avocats de la FSF, ce revirement constitue une rupture grave avec les principes de cohérence et de sécurité juridique. Ils estiment que la décision manque de base solide et fragilise la crédibilité des instances dirigeantes du football africain.
Face à la presse parisienne, le collectif d’avocats, conduit par Me Seydou Diagne, a dénoncé plusieurs dysfonctionnements dans la gestion du dossier par la Caf. Parmi les griefs évoqués : des convocations tardives, des reports successifs d’audience, ainsi qu’un défaut de transmission de documents essentiels à la défense. Ces éléments, selon eux, témoignent d’une procédure entachée d’irrégularités, justifiant pleinement la saisine du Tas, juridiction indépendante basée à Lausanne.
Au-delà de l’annulation de la décision, la Fédération Sénégalaise de Football vise une reconnaissance officielle de son statut de vainqueur de la Can 2025. Elle réclame également la publication des motivations complètes du verdict afin de garantir un examen contradictoire équitable. Mais l’enjeu dépasse le seul cadre du titre continental. Pour les représentants sénégalais, cette affaire pourrait faire jurisprudence et redéfinir les standards de gouvernance et de justice dans le football africain. « Ce dossier ne concerne pas uniquement le Sénégal. Il touche à l’intégrité des compétitions », ont-ils insisté, alertant sur le risque de voir les terrains relégués au second plan au profit de batailles juridiques.
A.KONE