Nommé récemment à la tête de l’institution, Nomel Meless n’est pas un inconnu du milieu. Ancien conseiller technique au ministère, ex-responsable régional et départemental de la jeunesse et des sports, il revendique surtout un parcours forgé sur les pistes et les terrains. Ancien champion national Oissu en athlétisme en 1992, il connaît les enjeux du sport scolaire pour les avoir vécus. « L’Oissu et moi, c’est une longue histoire », confie-t-il, évoquant aussi son expérience dans la formation de jeunes talents à travers le pays.
Dans ses nouvelles fonctions, l’objectif est de remettre le sport scolaire au cœur du système éducatif ivoirien. Cette ambition, précise le Dg de l’Oissu, repose sur deux priorités. D’abord, détecter les talents dès la base. Ensuite, réinstaller durablement les compétitions sur toute l’étendue du territoire. Une orientation directement alignée sur la stratégie du ministre Adjé Silas Metch, qui entend redonner à l’Oissu son rôle de vivier du sport de haut niveau. « Le sport peut changer la donne », insiste Nomel Meless. Pour lui, chaque élève, quel que soit son lieu de résidence, doit avoir accès à la pratique sportive. Au-delà de l’activité physique, il s’agit aussi de former, d’encadrer et d’ouvrir des perspectives à une jeunesse souvent en quête d’opportunités.
Bouaké, le pari du renouveau
Les Jeux scolaires de Bouaké s’inscrivent dans cette dynamique. Prévue sur les installations de l’ancien stade de la ville et du lycée municipal Djibo Sounkalo, la compétition réunira les meilleures équipes scolaires issues des différentes régions du pays. Mais pour le directeur général de l’Oissu, l’enjeu dépasse largement le cadre sportif. « Ces Jeux sont une plateforme de détection, mais aussi un cadre d’éducation », explique-t-il. Ils doivent permettre de transmettre des valeurs comme la discipline, le respect et l’esprit d’équipe, tout en mettant en lumière d’anciens champions issus du circuit scolaire. Une manière d’inspirer les plus jeunes et de rappeler que de grandes carrières peuvent naître sur les bancs de l’école.
Dans cette relance, Nomel Meless s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur, Adama Doumbia, dont il salue « le travail remarquable » et les bases posées en peu de temps. Mais il veut aller plus loin, avec une organisation plus régulière des compétitions et une mobilisation accrue des acteurs locaux. À Bouaké, justement, les autorités administratives et politiques se sont engagées à soutenir l’événement. Un appui que le directeur général juge essentiel pour garantir le succès de cette édition, appelée à servir de vitrine au renouveau du sport scolaire ivoirien.
Pour les participants comme pour les populations, le message est simple : faire de ces Jeux un moment de rassemblement et d’excellence. « Donnez le meilleur de vous-mêmes, dans le respect du fair-play », lance-t-il aux élèves-athlètes, tout en saluant l’implication des encadreurs, enseignants d’Eps et chefs d’établissement.
Au-delà de la compétition, Bouaké pourrait ainsi marquer un tournant. Celui d’un sport scolaire plus structuré, plus inclusif, et pleinement intégré à la stratégie de développement du sport ivoirien.
Eric KOUAKOU