|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Un internaute ivoirien, identifié sous les initiales T.B.J., a été interpellé par la Plateforme de Lutte contre la Cybercriminalité (PLCC) pour avoir tenu des propos injurieux et gravement diffamatoires à l’encontre du Procureur de la République, sur les réseaux sociaux.
Tout est parti d’un commentaire virulent publié en réaction à un communiqué officiel du Procureur, appelant à plus de responsabilité dans les usages numériques. Dans ce message, largement relayé et signalé, T.B.J. critiquait le magistrat pour ce qu’il considérait comme une inaction dans l’affaire Toussaint N’Guessan Koffi, un jeune homme de 34 ans décapité le 9 novembre 2020 à Daoukro, en pleine crise post-électorale.
À l’époque, une vidéo macabre diffusée sur les réseaux sociaux montrait plusieurs individus frappant la tête décapitée de la victime. Ces images avaient choqué la Côte d’Ivoire et déclenché une vive vague d’indignation, symbolisant les violences liées à la contestation du troisième mandat d’Alassane Ouattara.
Mais ce que l’auteur du message semblait ignorer, c’est que les auteurs présumés de cette barbarie avaient déjà été arrêtés et écroués dès avril 2021, suite aux investigations de la Cellule Spéciale d’Enquête mise en place après la crise électorale de 2020. « Nous avons retrouvé ces personnes. Elles ont été appréhendées et placées sous mandat de dépôt. Tous ceux qui ont participé à la décapitation de ce jeune sont en détention », avait rassuré, le 30 avril 2021, l’ancien Procureur de la République, Adou Richard.
Devant les enquêteurs de la PLCC, T.B.J. a reconnu les faits. Il a déclaré qu’il voulait « attirer l’attention du Procureur » sur une affaire qu’il croyait négligée. Informé que la justice avait déjà fait son travail, l’individu a présenté ses excuses aux autorités judiciaires.
Déféré devant le parquet, il est poursuivi pour injures publiques et diffusion de fausses informations via internet, en application des articles 60 et 65 de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité. Il encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende allant de 1.000.000 à 20.000.000 de francs CFA.
Dans un climat préélectoral tendu, les autorités ivoiriennes renforcent la répression des propos jugés offensants ou subversifs. Entre mai et juillet 2025, au moins dix personnes ont été arrêtées, dont J.L. Bakala, interpellé pour avoir insulté le président sur Facebook. Un jeune infirmier a écopé de trois ans de prison pour des propos similaires. Un mécanicien a, lui, été arrêté après avoir publié une vidéo brandissant une arme blanche et appelant à la haine. Un signal fort à l’approche de 2025.
E.K.