La continuité l’a emporté à la Fédération ivoirienne de football. Sans concurrent face à lui, Yacine Idriss Diallo a obtenu la confiance des membres statutaires réunis samedi à Yamoussoukro pour l’Assemblée générale élective de la Fif. Reconduit pour un nouveau mandat de quatre ans, le président de la Fif entend désormais transformer cette confiance en nouvelle dynamique pour le football ivoirien. Dans son premier discours après sa réélection, Idriss Diallo a d’abord tenu à saluer le soutien des pouvoirs publics. Il a exprimé sa « profonde reconnaissance » au président de la République, Alassane Ouattara, pour son engagement en faveur du sport et du football, ainsi qu’au gouvernement, aux autorités et aux différentes institutions qui accompagnent le développement de la discipline.
Le président réélu a ensuite abordé un sujet plus sensible : la situation actuelle au sein de la Fifa. Alors que des critiques et des désaccords agitent l’instance dirigeante du football mondial, Idriss Diallo a choisi de défendre une ligne claire. Pour lui, les différends doivent être réglés dans le cadre institutionnel et conformément aux textes de la Fifa. « Nous sommes une fédération respectueuse de nos textes », a-t-il insisté, appelant à éviter la personnalisation des débats et la stigmatisation des personnes.
Le dirigeant du football ivoirien a surtout réaffirmé son soutien à Gianni Infantino. « Pour l’heure, le président de la Fifa est Gianni Infantino, pour l’heure, il a notre soutien », a-t-il déclaré, tout en rappelant la position des fédérations africaines en faveur de la Fifa et des actions qu’elle mène en direction du continent. Pour Idriss Diallo, cette position relève aussi d’une certaine conception de la solidarité africaine. Les réalités du football africain, estime-t-il, ne sont pas nécessairement celles de l’Europe, de l’Asie ou de l’Amérique. La Fifa, a-t-il souligné, a accompagné le développement du football africain et ivoirien.
Après ce passage consacré aux instances internationales, Idriss Diallo est revenu à l’essentiel : le football ivoirien et ceux qui viennent de lui renouveler leur confiance. Le président de la Fif a remercié les membres actifs ayant fait le déplacement à Yamoussoukro et participé au processus électoral. Mais il a surtout voulu rappeler que sa réélection ne constitue pas une fin en soi. « Cette confiance n’est pas un aboutissement : pour nous, elle marque le début d’une nouvelle étape et d’une responsabilité collective encore plus grande au service du football ivoirien », a-t-il lancé. Un message directement adressé aux clubs et aux différents acteurs de la Fédération.
Pour Idriss Diallo, ces derniers ne doivent pas être de simples spectateurs de l’action fédérale. Ils doivent en être les acteurs. « Vous êtes la force agissante de la Fédération ivoirienne de football, vous en êtes les vrais patrons et le moteur », a-t-il déclaré, avant d’insister sur la nécessité de poursuivre l’aventure ensemble. Le mot unité a occupé une place centrale dans le discours du président réélu. Après une campagne qui s’est déroulée sans véritable confrontation, Idriss Diallo veut préserver cette dynamique et élargir le rassemblement autour de son projet. Il a ainsi appelé les clubs à continuer de soutenir le Comité exécutif, tout en reconnaissant que les ambitions affichées pour les quatre prochaines années ne pourront être atteintes sans leur implication. Le message est sans ambiguïté : la nouvelle mandature devra être collective. La campagne est désormais derrière. Le temps de l’action commence.
Le président de la Fif a également rendu hommage à son équipe de campagne, notamment à Malick Adam Tohé, coordinateur de ses activités, ainsi qu’aux deux directeurs de campagne, Salif Bictogo et Youssouf Bamba. Il a salué le travail effectué sur le terrain durant la campagne, marquée par une tournée dans plusieurs régions du pays pour présenter le projet de la liste. Une mobilisation qu’il considère comme l’une des clés de sa réélection. Le président Diallo a réaffirmé son ambition : « Transformer pour durer ». Mais il a immédiatement ajouté une condition : « ensemble ». « Tous ensemble et unis », a-t-il martelé, convaincu que l’unité du football ivoirien doit permettre au pays de continuer à engranger les succès.
Après la Can 2023 remportée à domicile et la qualification pour la Coupe du monde 2026, Idriss Diallo veut inscrire cette dynamique dans la durée. Et il nourrit déjà une nouvelle ambition : ramener d’autres trophées en Côte d’Ivoire. Réélu pour quatre ans, Idriss Diallo a désormais les cartes en main. Le véritable défi commence maintenant : transformer la confiance des clubs en résultats et faire de l’unité proclamée le moteur de son second mandat.
Eric KOUAKOU