Dans son intervention, le représentant du gouvernement a d’abord retenu un symbole : l’absence de concurrence autour de la présidence de la Fif. Pour Adjé Silas Metch, la candidature unique d’Idriss Diallo traduit une volonté de continuité et surtout une dynamique d’union autour de la transformation du football ivoirien. Le ministre a ainsi appelé les acteurs du football à préserver cette unité, malgré la diversité des profils, des compétences et des ambitions.
Pour illustrer son appel au rassemblement, Adjé Silas Metch s’est appuyé sur un proverbe devenu classique : « Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin. » Une philosophie que le ministre souhaite voir guider la nouvelle mandature. Il a notamment rendu hommage aux dirigeants des clubs, qu’il a présentés comme les « bâtisseurs de l’ombre » du football ivoirien. Pour lui, le développement de la discipline ne peut se limiter aux performances des sélections nationales. Il doit également prendre racine dans les clubs, véritables bases de la pyramide du football. L’ambition affichée est claire : permettre au football de clubs ivoirien de retrouver une place de premier plan sur le continent.
Adjé Silas Metch a fixé un objectif élevé à la nouvelle équipe fédérale : faire rayonner davantage le football ivoirien dans les compétitions africaines. La Côte d’Ivoire, estime-t-il, doit renouer avec les victoires dans les compétitions majeures de la Caf. Il vise notamment des parcours plus aboutis des clubs ivoiriens dans les compétitions continentales, jusqu’à des participations remarquées, voire des victoires, dans les finales africaines et à la Coupe du monde des clubs. Pour le ministre, cet objectif n’a rien d’irréaliste. À condition, insiste-t-il, que l’ensemble des acteurs prennent leur part de responsabilité.
Le message lancé indique que le football ivoirien ne doit plus seulement produire des talents et briller avec les Éléphants. Il doit également reconquérir le sommet du football continental au niveau des clubs. Le ministre des Sports a également insisté sur la nécessité de renforcer le travail à la base.
Détection précoce, formation de qualité, encadrement technique renforcé et infrastructures adaptées : autant de leviers indispensables, selon lui, pour préparer les performances futures des sélections ivoiriennes. « Le football moderne ne pardonne ni l’à-peu-près ni l’improvisation », a-t-il prévenu, appelant les responsables à privilégier la méthode, la constance et le travail.
Une exigence qui prend une importance particulière alors que la Côte d’Ivoire dispose d’une nouvelle génération de talents et entend continuer à jouer les premiers rôles sur la scène internationale. Au-delà des encouragements, Adjé Silas Metch a surtout formulé cinq grandes orientations à l’endroit de la nouvelle équipe dirigeante de la Fif. Première exigence : faire de la gouvernance sportive un modèle de transparence et de redevabilité. Deuxième priorité : accélérer la professionnalisation du football ivoirien, notamment du championnat national, considéré comme le principal vivier des futurs internationaux.
Troisième chantier : investir davantage dans la formation des jeunes talents. Quatrième axe : renforcer le dialogue et la concertation entre la Fif, les clubs, les ligues et l’État. Enfin, cinquième priorité : faire rayonner les couleurs ivoiriennes sur les scènes africaine et mondiale avec dignité, discipline et détermination. Une feuille de route qui rejoint, sur plusieurs points, les ambitions affichées par Idriss Diallo dans son projet « Transformer pour durer ».
Le gouvernement entend accompagner cette nouvelle étape sans remettre en cause l’autonomie de la Fédération. Adjé Silas Metch a réaffirmé la disponibilité de l’État à soutenir la Fif dans son entreprise de transformation, tout en rappelant le principe d’autonomie des fédérations sportives, conformément aux textes de la Fifa et de la Caf. Une position qui traduit la volonté des pouvoirs publics de rester un partenaire de la Fédération tout en respectant son cadre institutionnel.
Après quatre années à la tête de la Fif, Idriss Diallo dispose désormais d’un nouveau mandat et d’une confiance renouvelée des membres statutaires. Mais les attentes sont également plus fortes. Le ministre des Sports a clairement posé les exigences : une gouvernance plus transparente, des clubs plus performants, un championnat davantage professionnalisé, une formation renforcée et, surtout, de nouveaux trophées.
E.KOUAKOU