De l’avis général, le vote s’est déroulé dans le calme sur l’ensemble du territoire. Les observateurs nationaux et internationaux saluent une organisation globalement maîtrisée, sans incidents majeurs ni contestations significatives. Mais derrière cette accalmie, l’enthousiasme populaire n’a pas été au rendez-vous. Dans plusieurs localités, les taux de participation sont restés faibles, conséquence du boycott de plusieurs figures de l’opposition et d’un certain désintérêt des électeurs, convaincus d’un résultat déjà connu. « C’est un scrutin tranquille, trop tranquille peut-être. L’enjeu n’était pas vraiment là pour une grande partie de la population », confie un observateur basé à Abidjan.
La CEI en première ligne
Depuis la clôture du scrutin, la CEI compile les procès-verbaux venus des 31 régions et du district d’Abidjan. Un travail titanesque, effectué sous la supervision d’observateurs nationaux et étrangers. Les premiers résultats partiels laissent entrevoir une large avance du président sortant Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), face à une opposition divisée. « Les chiffres arrivent progressivement. Notre priorité est la transparence et la fiabilité du processus », a assuré un membre de la Commission électorale. La CEI devrait annoncer les résultats provisoires au plus tard le mercredi 30 octobre, avant de transmettre le rapport complet au Conseil constitutionnel pour validation.
Le Conseil constitutionnel en arbitre final
Comme le prévoit la loi électorale, c’est le Conseil constitutionnel qui tranchera en dernier ressort. Il dispose de sept jours après réception des résultats pour examiner d’éventuelles contestations et proclamer les résultats définitifs. Cette étape, souvent scrutée de près, reste un moment clé de la stabilité post-électorale. « L’enjeu n’est pas seulement de connaître le vainqueur, mais de préserver la confiance dans les institutions », souligne un politologue ivoirien.
L’heure à la retenue
Dans les rues d’Abidjan, l’heure est à la retenue. Pas de liesse, pas de tensions non plus. Les commerces ont rouvert, les transports circulent normalement, mais chacun suit l’évolution du processus d’un œil attentif. « On espère juste que tout se passe bien, sans surprise. Le pays a besoin de paix », glisse Mireille, commerçante à Marcory. Sur les réseaux sociaux, les débats s’intensifient, mais les autorités appellent à la responsabilité et au calme jusqu’à la proclamation officielle des résultats.
Tout indique que le scrutin devrait reconduire le président Alassane Ouattara pour un nouveau mandat, consolidant ainsi la continuité du pouvoir en place. Mais pour de nombreux Ivoiriens, l’après-élection sera déterminant : le pays attend un nouveau souffle économique et politique, ainsi qu’un renouvellement du dialogue national. « C’est l’heure de l’attente, mais aussi celle des espoirs. Après les urnes, il faudra écouter le pays », conclut un universitaire d’Abidjan.
J.F.PAGNI