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“C’est une rupture radicale dans la gestion budgétaire du Royaume-Uni”, résume le quotidien britannique The Times. Le gouvernement travailliste de Keir Starmer a présenté mercredi 30 octobre son premier budget depuis son accession au pouvoir en juillet. Il a annoncé d’un côté des hausses d’impôts assumées de 40 milliards de livres (48 milliards d’euros) et de l’autre d’importants investissements “pour les écoles, les hôpitaux et les routes”.
Parmi les hausses d’impôts dévoilées, un accroissement des contributions sociales patronales, qui rapportera plus de la moitié des nouvelles recettes : 25 milliards de livres par an. Mais la mesure était décriée avant même son officialisation par l’opposition, qui estime qu’elle contrevient à la promesse du Labour d’épargner les “gens qui travaillent”, car ils finiront par payer la note sur leurs salaires.
La chancelière de l’Échiquier “Rachel Reeves a anéanti tout espoir d’une croissance plus élevée avec une rafle fiscale record […] qui nuira au niveau de vie” des Britanniques, estime le quotidien conservateur The Daily Telegraph. “Des millions de travailleurs vont être confrontés à deux années de stagnation des salaires” avec ce budget “qui met sous pression les travailleurs et les entreprises”, déplore le journal.
Cette hausse des contributions sociales patronales est un “pari risqué”, reconnaît le quotidien de gauche The Guardian. Le journal rappelle que l’Office for Budget Responsibility (OBR), l’organisme public britannique de prévision budgétaire, estime, lui aussi, que les entreprises compenseront l’imposition en baissant les salaires.
Les travaillistes avaient assuré que leur premier budget après quatorze ans de gouvernements conservateurs ne signerait pas pour autant le retour de l’austérité. Mercredi, ils ont notamment mis l’accent sur le Service national de santé (NHS), qui souffre de sous-financement chronique, avec des ressources supplémentaires à hauteur de 22,6 milliards de livres d’ici à 2026. L’éducation bénéficiera aussi de crédits supplémentaires : 4 milliards de livres, dont 2,3 milliards au “budget de base des écoles”.

“Après de vagues promesses électorales sur le fait qu’ils comptaient restaurer la croissance et donner la priorité aux ‘familles de travailleurs’, suivies d’un été de spéculations sur les priorités politiques du nouveau gouvernement, Reeves a présenté” mercredi “un programme qui signe le retour à un gouvernement de centre gauche”, analyse l’édition européenne du site Politico. En clair : “des impôts plus élevés sur les entreprises et des emprunts plus élevés, pour soutenir les services publics”.
Mais, pour le site d’information, “le texte en petits caractères, en bas de page” de ce budget est décevant : “la croissance économique prévue reste obstinément lente selon les prévisions officielles, et s’accompagne de peu de cadeaux pour les électeurs”, remarque Politico. Le gouvernement de Keir Starmer a fait le choix d’un “pari” incertain “sur la croissance”, estime le site.
Pour le Guardian, il s’agit “à bien des égards” d’un “budget travailliste traditionnel”, “destiné aux électeurs qui dépendent de leurs écoles et de leurs hôpitaux locaux, qui gagnent un revenu modeste”, remarque le journal. Le quotidien note aussi que “les hausses d’impôts ont ciblé les riches, y compris ceux qui voyagent en jet privé, et les entreprises, à travers une hausse des contributions patronales d’assurance nationale (NIC), qui représentent plus de la moitié des recettes fiscales supplémentaires”.
Malgré cela, le Guardian voit, lui aussi, dans ce que ce budget massif un pari extrêmement périlleux. “Plus le budget est important, plus le risque est grand”, met en garde le quotidien en rappelant que les travaillistes sont, plus que jamais, attendus au tournant par les Britanniques.

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