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« Je vais être honnête avec vous : le budget qui arrive en octobre sera douloureux », a admis le chef du gouvernement, largement élu début juillet après 14 ans de pouvoir conservateur, lors d’un discours dans les jardins de Downing Street en amont de la rentrée parlementaire. « Nous n’avons pas le choix vu la situation dans laquelle nous sommes : ceux qui ont les épaules les plus solides devront porter le plus lourd fardeau », a-t-il souligné, esquissant des réductions des dépenses publiques ou des augmentations de certains impôts le 30 octobre.
Le Labour a mené campagne en insistant sur son recentrage économique et en promettant une gestion rigoureuse des dépenses publiques, imposant des choix drastiques. Mais le gouvernement britannique prévient désormais qu’il devra aller encore plus loin que prévu depuis que la ministre des Finances Rachel Reeves a accusé en juillet les conservateurs d’avoir « masqué » un trou de 22 milliards de livres (soit environ 26 milliards d’euros) dans le budget de cette année. Ses opposants affirment qu’elle devait connaître l’état des finances du pays depuis des mois qu’elle prépare simplement les esprits à des annonces impopulaires. Plus généralement, des commentateurs estiment que les électeurs pourraient se lasser rapidement d’entendre les travaillistes invoquer constamment l’héritage des conservateurs au lieu d’agir.
« La situation est pire que ce que nous n’avons jamais imaginé », a précisé Keir Starmer, affirmant que l’Office for Budget Responsibility (OBR, équivalent de la Cour des comptes française) « n’était pas au courant ». « Nous avons hérité d’un trou noir, aussi bien dans l’économie que sur les sujets de société », a-t-il poursuivi.
En effet, les émeutes ont secoué des dizaines de villes d’Angleterre et d’Irlande du Nord début août. Celles-ci ont éclaté après une attaque au couteau qui a coûté la vie à trois fillettes lors d’un cours de danse le 29 juillet à Southport (nord-ouest de l’Angleterre). Elles ont été attisées par des agitateurs d’extrême droite, sur fond de rumeurs présentant à tort le suspect comme un demandeur d’asile musulman.
Ces violences xénophobes et islamophobes, qui ont notamment visé des mosquées et des hôtels accueillant des demandeurs d’asile, ont mis à nu les fissures dans des fondations affaiblies par une décennie de division et de déclin au Royaume-Uni sous les conservateurs.