Joseph Kent, ancien soldat des forces spéciales, est le premier haut responsable à démissionner de l’administration Trump, pour marquer son désaccord avec le conflit au Moyen-Orient.
« Je ne peux, en toute conscience, soutenir la guerre qui se déroule actuellement en Iran », a déclaré le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, dans sa lettre de démission adressée au président Donald Trump et qu’il a partagée sur X. « L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain », a-t-il ajouté.
Le président américain a, lui, qualifié la démission de Joseph Kent de « bonne chose ». « J’ai toujours pensé qu’il était faible en matière de sécurité », a réagi Donald Trump auprès des journalistes dans le Bureau ovale.
Joseph Kent avait été nommé par Donald Trump à la tête de cet organisme chargé d’analyser et de coordonner la réponse américaine aux menaces terroristes. À ce titre, il occupait le poste de conseiller principal du président en matière de contre-terrorisme. Il s’était rapproché de Donald Trump à la suite du décès de sa première épouse, Shannon Kent, tuée en 2019 lors d’un attentat-suicide en Syrie alors qu’elle servait comme cryptologue dans la Marine.
Joseph Kent s’était ensuite présenté à deux reprises, sans succès (en 2022 et 2024), en tant que candidat républicain soutenu par Donald Trump, pour un siège à la Chambre des représentants dans l’État de Washington.
Cette rupture avec la ligne de l’administration Trump concernant la guerre d’un proche du président n’est pas passée inaperçue auprès des démocrates. « Sur ce point, il [Joseph Kent] a raison, il n’y avait aucune preuve crédible d’une menace imminente de la part de l’Iran qui justifiait de précipiter les États-Unis dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient », a déclaré le sénateur Mark Warner, principal membre démocrate de la commission du renseignement au Sénat.
Dans sa lettre, Joseph Kent accuse « de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains » d’avoir mené une « campagne de désinformation » ayant alimenté un « climat belliciste favorable à une guerre ». « Cette chambre d’écho a été utilisée pour vous tromper en vous faisant croire que l’Iran représentait une menace imminente pour les États-Unis, et que si vous frappiez maintenant, la voie vers une victoire rapide était toute tracée », poursuit-il. « C’était un mensonge et c’est la même tactique que les Israéliens ont utilisée pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak qui a coûté à notre nation la vie de milliers de nos meilleurs hommes et femmes », estime encore Joseph Kent.
Fin février, Donald Trump avait affirmé que les frappes des États-Unis et d’Israël étaient nécessaires pour éliminer les « menaces imminentes » de Téhéran. Quelques jours plus tard, il avait fait évoluer son discours, entretenant le flou sur les motivations américaines, et affirmant avoir saisi la « dernière et meilleure occasion » de frapper l’Iran.
RFI