Il le demande depuis plusieurs jours maintenant sur un ton plus ou moins amène. Il s’est d’abord adressé aux pays asiatiques très dépendants du pétrole du golfe, comme le Japon. La Première ministre japonaise, alliée à la proximité revendiquée avec le président américain, n’envisage pas d’opération de sécurité maritime. Elle préfère puiser dans ses réserves pétrolières. La Corée du Sud réfléchit. Ces deux pays n’ont peut-être pas envie d’être entraînés dans un conflit avec l’Iran alors qu’ils ont déjà fort à faire avec les ambitions chinoises dans leur environnement immédiat.
Le président américain s’adresse d’ailleurs aussi à la Chine : 90% du pétrole consommé en Chine vient du Golfe persique. Jusqu’ici, la Chine a plutôt tenté la voie de la négociation pour que ses bateaux puissent passer le détroit d’Ormuz. Et puis elle est partenaire de l’Iran, pas au point de s’engager militairement à ses côtés, mais elle ne va certainement pas participer à une coalition internationale pour contraindre l’Iran dans une guerre qu’elle n’a pas déclenchée. La rencontre prévue fin mars à Pékin entre Xi Jinping et Donald Trump est plus qu’en suspens. Depuis des semaines, la Chine tarde à confirmer. C’est pourquoi il faut relativiser quand Donald Trump affirme que c’est lui qui demande un report d’un mois.
En revanche, avec les Européens, et notamment ses alliés de l’Otan, Donald Trump préfère la menace. « L’Otan risque un avenir très mauvais si ses membres n’aident pas les États-Unis » dit le président américain. Là aussi, il faut relativiser. Jeter le doute sur l’Alliance atlantique est une habitude de ses discours depuis la campagne présidentielle de 2024. Les membres de l’Alliance en ont désormais pris acte, même les plus fidèles. La chancellerie allemande explique que la guerre au Moyen-Orient n’a rien à voir avec l’Otan. Berlin se demande publiquement quand les objectifs des États-Unis et d’Israël seront atteints. Question difficile puisque les objectifs évoluent d’un jour à l’autre et ne sont pas vraiment connus.
Des atouts dans la manche iranienne
Aucun des pays européens n’est pressé de répondre à l’appel américain. Personne n’aime être menacé ou tancé publiquement. C’est arrivé à la Grande-Bretagne, ou à l’Espagne depuis le début de cette guerre improvisée dont les alliés n’ont pas été prévenus. Le président Emmanuel Macron s’est vu décerner hier un 8 sur 10 par Donald Trump, qui a pourtant l’habitude de présenter les choses très positivement. Toute mission pour sécuriser le détroit d’Ormuz nécessite pour les Européens la fin du conflit à haute intensité, ce qui est loin d’être le cas. L’Iran garde des atouts dans sa manche. Par exemple les milices houthies du Yémen soutenues par Téhéran ne pas encore entrées dans la guerre.
RFI