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Selon le Grand maître Coulibaly Siaka, cette opération répond à un constat préoccupant. Depuis plus d’une décennie, de nombreux pratiquants n’ont pas bénéficié d’une progression régulière dans l’obtention de leurs grades internationaux, allant du 2e au 7e dan. « Si le processus avait été respecté, plusieurs pratiquants auraient aujourd’hui un grade correspondant à leur ancienneté et à leur niveau technique.
Face à cette situation, il était indispensable d’agir afin que chacun puisse être évalué à sa juste valeur », a-t-il expliqué. Le responsable du bureau Kukkiwon en Côte d’Ivoire a rappelé que la mission de cette structure est d’apporter un appui technique à la fédération et d’accompagner l’évolution des taekwondoïstes ivoiriens dans le respect des standards internationaux.
Engagé depuis 2023, le processus de régularisation a reçu l’approbation du Kukkiwon. Après plusieurs étapes administratives et techniques, l’évaluation finale se déroulera du 4 au 14 juillet 2026 en présence d’experts internationaux. Pour Coulibaly Siaka, l’enjeu dépasse largement le simple passage de grades. Il s’agit de consolider la place de la Côte d’Ivoire parmi les nations de référence du taekwondo africain. « Nous ne voulons pas faire de la figuration. La Côte d’Ivoire a déjà démontré son savoir-faire dans le kyorogi (combat) et cette réputation doit désormais être renforcée par un nombre important de hauts gradés », a-t-il souligné. Les chiffres annoncés témoignent de l’ampleur du projet. Une quinzaine de candidats sont attendus pour le 7e dan, tandis que 120 prétendront au 6e dan. Des performances qui pourraient permettre au pays de battre un record continental en matière de hauts gradés.
S’adressant aux candidats, le Grand maître a insisté sur les exigences de discipline, de ponctualité et de travail personnel nécessaires à la réussite de cette opération. « Le plus difficile n’est pas de devenir champion, mais de le rester », a-t-il rappelé. Pour atteindre le niveau requis, il recommande un entraînement quotidien de 30 à 45 minutes afin de développer les automatismes techniques indispensables.
« C’est par la répétition que le corps enregistre les mouvements », a-t-il expliqué, comparant les pratiquants à des diamants qui doivent être constamment polis pour révéler toute leur valeur. Au-delà des aspects techniques, il a exhorté les anciens comme les plus jeunes à conserver un état d’esprit conquérant et à poursuivre leur progression sans se laisser freiner par l’âge. « On prend de l’âge, mais on ne vieillit pas », a-t-il lancé avec conviction.
Dans le cadre de cette préparation, des séances d’entraînement hebdomadaires seront organisées chaque samedi à Abidjan ainsi qu’à l’intérieur du pays. Les formateurs ont été harmonisés afin de garantir une uniformité technique et pédagogique sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de permettre à chaque candidat d’atteindre les standards exigés avant les examens de grades.
Le secrétaire général de la FITKD, Bosson Olivier, s’est réjoui de l’engagement des stagiaires et du travail accompli par la fédération pour concrétiser ce projet. « Cette opération est le fruit d’une collaboration efficace avec le bureau Kukkiwon. Nous avons obtenu des conditions exceptionnelles, avec une réduction de plus de 90 % des coûts par rapport aux précédentes sessions de régularisation », a-t-il indiqué.
Au total, plusieurs centaines de candidats sont concernés par cette vaste campagne de mise à niveau, dont environ 15 pour le 7e dan, 120 pour le 6e dan, 343 pour le 4e dan et 444 pour le 3e dan. Par son ampleur et ses ambitions, cette opération pourrait constituer une étape majeure dans le développement du taekwondo ivoirien et renforcer davantage le rayonnement de la Côte d’Ivoire sur la scène africaine.
Axel KONE