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La Réserve fédérale américaine (Fed) a pour mission de maintenir la stabilité des prix et de favoriser le plein emploi, en s’appuyant sur une indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Christine Lagarde a rappelé que si cette institution venait à agir sous « le diktat de tel ou tel », son rôle de gardienne de la stabilité financière serait compromis.
En cas d’ingérence politique, les décisions de la Fed pourraient être dictées non par des critères économiques objectifs, mais par des considérations électorales à court terme. Cela créerait, selon elle, un risque majeur de perte de crédibilité de l’institution et de déstabilisation des marchés financiers.
Si Donald Trump, dans le cadre d’un retour au pouvoir, imposait sa volonté à la Fed, plusieurs dangers pourraient se matérialiser : Inflation incontrôlée : une pression pour abaisser artificiellement les taux d’intérêt afin de stimuler la croissance ou les marchés boursiers pourrait provoquer une flambée durable des prix, déficit budgétaire amplifié : des taux maintenus artificiellement bas faciliteraient un endettement excessif du gouvernement fédéral, aggravant les déséquilibres budgétaires, perte de confiance des investisseurs : si les marchés soupçonnent la Fed de perdre son indépendance, le dollar pourrait être attaqué et les capitaux fuir vers d’autres monnaies considérées plus sûres.
Des répercussions mondiales inévitables
Christine Lagarde a également insisté sur l’effet domino qu’une telle situation provoquerait à l’échelle internationale. La Fed, en raison du rôle central du dollar dans le système financier mondial, influence directement les conditions de financement dans le reste du monde.
Une volatilité accrue des taux de change fragiliserait de nombreuses économies émergentes déjà très dépendantes du dollar. Des mouvements de capitaux massifs déstabiliseraient les marchés financiers internationaux. L’effet inflationniste global compliquerait la tâche des autres banques centrales, y compris la BCE, en limitant leur capacité à stabiliser les prix en Europe.
Au-delà de la technique monétaire, l’avertissement de Christine Lagarde est aussi politique. Elle souligne qu’une remise en cause de l’indépendance de la Fed affaiblirait le modèle de gouvernance économique mis en place depuis des décennies aux États-Unis, avec des conséquences systémiques. « L’équilibre de l’économie américaine, et par voie de conséquence les effets que ça aurait dans le monde entier, seraient très préoccupants », a-t-elle résumé.
E.KOUAKOU