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Dès son ouverture, dimanche 31 août, la rencontre a été présentée comme un moment diplomatique majeur pour Pékin. Le président chinois accueillait plus de vingt dirigeants eurasiatiques, dans ce qui est perçu comme une démonstration d’influence et de leadership régional. Pour Nikkei Asia, ce sommet offrait à la Chine une vitrine idéale pour renforcer son image de puissance pivot dans un monde en recomposition.
Dans son discours, Xi Jinping a exhorté les membres de l’OCS à rejeter les logiques de blocs et les rapports de force hérités de la guerre froide. Il a défendu l’idée d’un multilatéralisme rénové, reposant sur l’égalité entre États et sur un ordre international stable.
“Nous devons élargir le champ de la coopération, tirer parti des forces propres à chaque pays et assumer ensemble la responsabilité de la paix, de la stabilité et de la prospérité régionales”, a-t-il martelé, selon le Financial Times.
Xi a également rappelé son soutien à un commerce mondial régulé par l’OMC, une manière implicite de critiquer les mesures protectionnistes américaines, en particulier la guerre commerciale initiée par Donald Trump et prolongée sous différentes formes par Washington.
Poutine et Modi sur la même ligne
Le président russe Vladimir Poutine a abondé dans le même sens, dénonçant l’usage “abusif” des sanctions économiques par les puissances occidentales. Pour Moscou, qui subit depuis 2022 une cascade de sanctions liées à l’invasion de l’Ukraine, l’OCS est un outil clé pour maintenir ses partenariats économiques et militaires.
Le Premier ministre indien Narendra Modi, de son côté, a insisté sur la nécessité de renforcer l’intégration régionale et la résilience des chaînes d’approvisionnement, tout en critiquant les “tentatives de domination par la force” sur la scène internationale. Même si l’Inde entretient encore des liens stratégiques avec Washington, sa participation active à l’OCS illustre sa volonté de ne pas se laisser enfermer dans un seul camp.
Une coalition de circonstances face à l’Occident
Pour la presse internationale, ce front commun a valeur de signal : face à l’unilatéralisme américain, Pékin, Moscou et New Delhi entendent promouvoir une alternative multipolaire où l’Asie jouerait un rôle central. L’OCS, créée en 2001 et regroupant aujourd’hui la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et plusieurs républiques d’Asie centrale, s’impose de plus en plus comme un contrepoids politique et économique aux organisations dominées par l’Occident.
Si les divergences internes demeurent notamment entre l’Inde et la Chine, le sommet de Tianjin montre la volonté de ses membres de se présenter comme un bloc capable de peser sur les équilibres mondiaux.
J.FPAGNI