Organisée par la Mutuelle de développement d’Ahodji-Bouaké (Mudab) autour du thème « Un village, une école, un avenir », la manifestation a réuni pendant trois jours les fils et filles d’Ahodji, ainsi que plusieurs communautés villageoises voisines. Au programme : activités sociales, culturelles, sportives et ludiques, dans une ambiance de retrouvailles et de partage.
À l’Espace Kouakou Yao, transformé pour l’occasion en véritable théâtre à ciel ouvert, les populations ont pris part à une programmation particulièrement riche, allant du football aux concours de beauté, en passant par les compétitions sportives et la valorisation des traditions baoulé. Pour le président de la Mudab, Eric Tougba, directeur général du groupe Institut de Formation Sainte Marie (Ifsm) à Abidjan, Ahodji Vacances constitue avant tout un moment de rassemblement. « C’est un rendez-vous de partage où nous essayons de réunir les fils du village et des villages environnants à Ahodji », a-t-il expliqué.

Cette 9e édition a notamment été marquée par le traditionnel tournoi de football inter-villages, un concours de sprint, un mini-marathon et des concours culinaires. Le programme a également fait une large place à la culture et aux traditions avec les concours d’Awoulaba et de Miss, les tenues traditionnelles et les danses du terroir. Chez les plus jeunes, le concours « Taloua Klaman », expression baoulé désignant une jeune fille élégante, intelligente et gracieuse, a constitué l’un des rendez-vous appréciés du public. « Ce sont plusieurs activités où chacun se sent concerné. Tout le monde est impliqué, des plus jeunes aux personnes âgées », a souligné Eric Tougba. La mobilisation a été à la hauteur des attentes des organisateurs. Selon le président de la Mudab, entre 1 500 et 2 000 festivaliers ont participé aux différentes activités, malgré un temps parfois nuageux.
Salles de classe entièrement équipées
Au-delà de la dimension festive, cette édition a surtout été consacrée au développement local, conformément au thème retenu. Le principal fait marquant a été la remise officielle d’une nouvelle école primaire construite à Ahodji. L’établissement, financé dans le cadre des actions de développement de la mutuelle avec le soutien du parrain d’Ahodji Vacances, Kouakou Kouamé Ambroise, président-fondateur de l’Institut de Formation Sainte Marie à Abidjan, compte six classes, des bureaux et des sanitaires. La cour a également été aménagée et des arbres plantés. Les salles de classe ont été entièrement équipées.


La cérémonie officielle de remise de l’établissement aux autorités du ministère de l’Éducation nationale s’est tenue le dimanche 9 août. La communauté villageoise attend désormais l’ouverture effective de l’école pour l’année scolaire 2026-2027. Pour Eric Tougba, cette réalisation constitue l’un des principaux motifs de satisfaction de cette édition. « Le bilan est largement positif. Cette année, nous avons remis officiellement l’établissement qui a été construit par la mutuelle. C’est une école primaire de six classes qui a été offerte par le parrain d’Ahodji Vacances », s’est-il félicité.
La fête a également été marquée par plusieurs actions de solidarité. Le parrain a fait des dons aux familles et aux différents foyers de la localité. Les lauréats des concours ainsi que les meilleurs élèves ont, eux aussi, reçu des récompenses. Les artistes locaux et les acteurs engagés dans la promotion de la culture baoulé ont contribué à l’animation des festivités. La présence de plusieurs chefs de village est venue renforcer la dimension communautaire de la manifestation. Les chefs de N’douakro, N’douablé II et Kofikoro, entre autres, ont pris part à cette édition.
Cap sur la 10e édition en 2027
Déjà, les organisateurs se projettent vers la prochaine édition. La 10e édition, prévue en 2027, devrait être l’occasion de franchir un nouveau cap. « Dix années de festivités, ça se marque et l’année prochaine, la fête sera encore plus belle », a annoncé Eric Tougba. Pour la Mudab, les ambitions ne se limitent plus à l’organisation d’une rencontre annuelle. Plusieurs projets de développement sont envisagés, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. La mise en place de parcs à bétail et d’autres infrastructures destinées à accompagner le développement de la communauté figure également parmi les pistes étudiées.
La mutuelle indique par ailleurs avoir déjà accompagné et financé plusieurs projets agricoles, avec le soutien du parrain. « 2027 promet énormément : plus de monde, plus d’activités, plus de communautés villageoises et davantage d’autorités impliquées », a déclaré le président de la Mudab, qui a appelé l’ensemble des fils et filles d’Ahodji à rejoindre la dynamique de développement.
Vers un « carnaval d’Ahodji »
Le parrain Kouakou Kouamé Ambroise nourrit, lui aussi, de grandes ambitions pour l’avenir de la manifestation. Il rappelle qu’Ahodji Vacances est née il y a onze ans, mais que seules neuf éditions ont effectivement été organisées, les éditions 2020 et 2021 ayant été annulées en raison de la pandémie de Covid-19.
Pour la 10e édition, il souhaite donner une nouvelle dimension à l’événement. « Nous souhaitons vraiment que ce soit grand. Nous souhaitons même qu’Ahodji Vacances soit un festival à thème », a-t-il indiqué. Son ambition est de faire de la manifestation un véritable rendez-vous culturel régional, à l’image d’un « carnaval du Bouaké », avec Ahodji comme point de convergence des fils et filles du village et des communautés voisines. « On veut vraiment voir Ahodji Vacances grandir, devenir un festival, un cadre de rencontre entre les fils et filles des villages voisins », a-t-il ajouté.
Après neuf éditions, Ahodji Vacances apparaît ainsi comme bien plus qu’une simple fête de retrouvailles. Entre promotion de la culture, cohésion sociale, valorisation de la jeunesse et investissements dans les infrastructures de base, la manifestation s’inscrit progressivement dans une dynamique de développement local. Avec la construction de l’école primaire et les projets annoncés dans l’agriculture et l’élevage, l’édition 2026 aura surtout confirmé une ambition : faire de la fête un levier durable au service de la communauté d’Ahodji.
E.KOUAKOU