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À quatre-vingt (80) ans, et avec sa non-participation au scrutin présidentiel du samedi 25 octobre 2025, Laurent Gbagbo a évoqué son avenir politique. Un avenir qui comprend sa prochaine démission de son poste de président du Ppa-Ci, après les élections législatives de 2025 en Côte d’Ivoire. « Il n’y a pas de retraite en politique donc je n’irai pas à la retraite. Mais je m’interdirai d’occuper des fonctions politiques, aussi bien à l’intérieur de mon parti où je ne serai plus président qu’à l’extérieur, dans l’État », a-t-il révélé. Le président du Ppa-Ci n’envisage pas une candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2030 en Côte d’Ivoire, année au cours de laquelle Laurent Gbagbo aura quatre-vingt-cinq (85) ans. « Non ! (…) Moi j’ai assez donné. Et puis on peut faire la politique sans occuper de fonctions ou sans chercher à occuper de fonctions », a-t-il lâché.
Le chef de file du Ppa-Ci a dénoncé le rejet de sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025 par le Conseil constitutionnel ivoirien. « On n’a écarté ma candidature de même qu’on a écarté la candidature de Cheick Tidjane Thiam, président du Pdci-Rda (Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain, Ndlr). C’est-à-dire en quelque sorte, ceux qui peuvent gagner l’élection présidentielle du 25 octobre ont été écartés. Il faut dire les choses clairement. Ceux qui peuvent gagner cette élection ont été écartés. Je n’accepte pas ça ! Ce qui fait que ce qui va se faire le 25 octobre, ce n’est pas une élection », a-t-il décrié. M. Gbagbo a fustigé une situation d’exclusion électorale. « C’est un coup d’État civil, c’est un braquage électoral. C’est un coup d’État. Ah oui, c’est un coup d’État ! », a-t-il insisté.
L’ancien chef d’État ivoirien a fait un rappel d’usage, tout en réitérant la consigne du Ppa-Ci qui appelle ses militants et sympathisants à ne voter aucun des 5 candidats en lice pour la présidentielle du samedi 25 octobre 2025 (Alassane Ouattara, Ahoua Don-Mello, Simone Ehivet Gbagbo, Jean-Louis Billon et Henriette Lagou). « Dans notre Constitution, il est écrit très clairement, très nettement, très notoirement, qu’un individu peut faire un mandat et peut en faire un deuxième (2e), et c’est tout… Beaucoup dénoncent ce braquage, ce coup d’État civil… Non ! Tous ceux qui sont candidats, nous n’appelons pas à voter pour eux. Il faut que les Ivoiriens comprennent que Gbagbo Laurent n’appelle à voter pour aucun des candidats qui est en lice », a-t-il prononcé avec force.
En ce qui concerne l’affaire du « non au 4e mandat ! », notamment les manifestions contre la candidature du chef de l’État sortant à la présidentielle d’octobre 2025, Alassane Ouattara au pouvoir depuis plus de quatorze (14) ans, Laurent Gbagbo a apporté son soutien aux manifestants. « Ceux qui sont dans la rue, je les soutiens. Ça, il ne faut même pas qu’il y ait l’ombre d’un doute. Ceux qui manifestent contre ce braquage électoral, je les soutiens… Je suis avec eux… Ceux qui ne sont pas contents de la préparation de ce braquage électoral, moi je les encourage parce que ce n’est pas une élection qu’on prépare », a soutenu le président du Ppa-Ci.
Relation Aes – Côte d’Ivoire
L’ancien président ivoirien, souverainiste et panafricaniste, est aussi intervenu sur la question de la crise entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (Aes – Mali, Niger et Burkina Faso) et la Côte d’Ivoire, qui dure depuis des années. « Cette crise entre l’Aes et la Côte d’Ivoire, elle est ridicule. C’est de l’enfantillage de la part du pouvoir ivoirien parce que ce n’est même pas son combat. C’est le combat d’autrui, c’est le combat de pays étrangers que la Côte d’Ivoire prend sur son dos. Or, la Côte d’Ivoire ne peut pas vivre sans être en bonne relation avec le Mali, avec le Niger, avec le Burkina Faso. Nous sommes un bloc », a-t-il livré sa lecture sur ce sujet.
Laurent Gbagbo a laissé entendre que s’il était au pouvoir, en l’espace de deux (2) semaines ou d’un (1) mois, il rétablirait « les bases fraternelles » entre les pays de l’Aes et la Côte d’Ivoire. « Quand on aura fini avec tous nos spectacles ici (les processus électoraux, Ndlr), j’irai certainement faire un tour dans ces pays-là pour saluer les jeunes gens et discuter avec eux, parce qu’ils sont plus jeunes que moi (les dirigeants de l’Aes, Ndlr) », a-t-il annoncé, tout en soulignant : « En réalité, il faut être à la tête de l’État pour régler les problèmes de l’État ».
Rébellion armée de 2002
Dans cette interview, l’ex président de la République est revenu sur la rébellion armée de 2002 survenue en Côte d’Ivoire ainsi que les premières tentatives de coup d’État contre son régime, moins de trois (3) mois après son arrivée au pouvoir fin octobre 2000. « Ces gens-là ne m’ont pas laissé gouverner. Mes opposants qui ont pris les armes… Ma longévité s’explique par la guerre civile qui m’a été menée. J’ai dû faire face jusqu’à ce qu’eux ils arrivent au pouvoir finalement, et que tous ceux qui étaient derrière eux lèvent la tête un à un », a-t-il dit sur ce point, entre autres.
Source L’inter