Cette rencontre intervient dans un contexte sensible. Un décret signé le 16 décembre 2025 par le président américain Donald Trump suspend l’octroi de visas touristiques à plusieurs nationalités, dont les ressortissants ivoiriens et sénégalais. Intitulé « Restreindre et limiter l’entrée des ressortissants étrangers pour protéger la sécurité des États-Unis », le texte doit entrer en vigueur le 1er janvier 2026. Les joueurs, les membres des staffs techniques et leurs proches immédiats bénéficient d’exemptions. Les supporters, en revanche, ne sont pas concernés par ces dérogations. Washington justifie cette décision par des taux élevés de dépassement de visas. Selon les autorités américaines, la Côte d’Ivoire affiche un taux de 8,47 % pour les visas touristiques et de 19,09 % pour les visas étudiants. Des chiffres jugés préoccupants par le département de la Sécurité intérieure.
Au sortir de l’audience, malgré ce cadre restrictif, selon Monsieur Junaid, l’Ambassade des États-Unis œuvre à faciliter les démarches des ressortissants ivoiriens souhaitant se rendre à la Coupe du Monde aux États-Unis d’Amérique. Côté ivoirien, le ministère des Sports assure anticiper les besoins logistiques et administratifs des supporters. Le ministère des Sports, en collaboration avec la représentation diplomatique américaine, anticipe déjà sur les besoins et les procédures que devront entreprendre les supporters pour accompagner l’équipe nationale aux États-Unis, au Mexique et au Canada. « Le Ministre des Sports, Adjé Silas Metch, tient à rassurer l’ensemble des supporters ivoiriens de la volonté du Gouvernement de mettre tout en œuvre afin de permettre à chaque participant d’accomplir aisément ses démarches pour prendre part à la Coupe du Monde prévue du 11 juin au 19 juillet 2026 », informe le ministère des Sports sur ses réseau sociaux. Le ministre Metch se veut rassurant. Le gouvernement entend « mettre tout en œuvre » pour permettre aux fans des Éléphants d’accomplir leurs formalités dans les meilleures conditions.
L’enjeu est double. Il s’agit de garantir une présence populaire aux côtés de la sélection nationale, mais aussi d’éviter que cette question migratoire ne ternisse la participation ivoirienne à l’événement planétaire.
Notons que le tirage au sort place la Côte d’Ivoire dans le groupe E. Les Éléphants affronteront notamment l’Allemagne à Toronto, au Canada, le 20 juin. Une rencontre hors du territoire américain qui pourrait permettre à de nombreux supporters d’assister au moins à un match sans être confrontés aux restrictions américaines. En revanche, les deux autres rencontres de poule prévues aux États-Unis, notamment à Philadelphie, poseront la question concrète de l’accès au territoire américain pour les fans. Pour la Côte d’Ivoire, la bataille se joue donc sur deux terrains : sportif et diplomatique. À l’approche du Mondial 2026, la capacité d’Abidjan à obtenir des aménagements concrets conditionnera non seulement la mobilisation des supporters, mais aussi l’image du pays sur la scène internationale.
Au-delà du cas ivoirien, le décret du 16 décembre 2025 élargit les restrictions de voyage à 39 pays, dont plusieurs nations africaines. Cette politique entre en tension avec les principes défendus par le président de la Fifa, Gianni Infantino, qui rappelait que supporters et délégations doivent pouvoir accéder au pays hôte d’une Coupe du monde. La Maison Blanche, par la voix d’Andrew Giuliani, directeur exécutif du groupe de travail sur la Coupe du monde 2026, insiste toutefois sur la priorité donnée à la sécurité nationale. Chaque décision de visa, affirme-t-il, relève avant tout de cette logique.
A.KONE