Partout en France, des lycéens de tous horizons, rejoints par de nombreux adultes qu’ils soient parents, élus, militants syndicaux ou simples citoyens, ont défilé pour faire entendre leurs voix le plus souvent dans une ambiance bon enfant. Les lycéens se sont comptés et ont pu compter leurs soutiens, en cet « acte III » de leur mouvement. Et ils ont été nombreux.
Quelque 266 000 manifestants ont été comptabilisés en France par le ministère de l’intérieur, dont 56 000 à Paris. Les organisateurs lycéens et étudiants dénombrent de leur côté 450 000 personnes dans les cortèges dont 100 000 à Paris.
A Lille, Marseille, Lyon, Paris, Clermont-Ferrand ou encore Rennes, des lycéens jusqu’alors rassemblés dans le seul périmètre de leur établissement sont venus en nombre grossir les cortèges. Beaucoup manifestaient pour la première fois dans une ambiance le plus souvent bon enfant, même si des heurts ont éclaté à la fin de la mobilisation parisienne et que la journée a donné lieu à 488 interpellations selon le ministère de l’intérieur.
A Nîmes, parmi les 13 500 manifestants recensés par la préfecture du Gard, quatre jeunes du lycée Albert-Camus avaient aussi mobilisé leur énergie : « Il n’y a pas d’incidents aujourd’hui dans la ville, et c’est beaucoup plus agréable, car on va peut-être enfin se faire entendre », estimaient Mathilde, Fantine, Antonin et Melvil (nous avons choisi
Emmanuel Macron a fini par réunir, mardi soir, Sébastien Lecornu et les principaux ministres concernés face aux difficultés du gouvernement à répondre à la crise des lycéens. « C’était écrit », observe un visiteur du soir macroniste, sévère à l’égard du Premier ministre. « Il est dans l’inconnu. Il n’a jamais géré un conflit comme ça en France. Ce n’est pas sa came, ce n’est pas sa façon de faire de la politique, qu’il préfère faire dans l’ombre. Or, son métier, c’est d’aller au 20 Heures au bout de deux jours. Lui, il n’arrive pas à faire ça. »
À l’Élysée, on refuse tout désaveu public pour le reste de l’exécutif. La réunion aurait simplement consisté à « suivre la situation, comme le président le fait depuis le début du mouvement », souffle l’un de ses conseillers. Mais un ministre ayant ses entrées au palais confirme le mécontentement du chef de l’État. « Il a beaucoup gueulé ces derniers jours parce qu’il considère que la réponse policière était trop dure, sans empathie ».
J.F.PAGNI