Arrivé début juin sur les rives du Danube, l’ancien milieu de terrain n’aura pas attendu longtemps pour conquérir les supporters du club slovaque. À 43 ans, celui qui a mis un terme à sa carrière de joueur en 2020 connaît déjà les premières grandes émotions de sa nouvelle vie sur le banc. Pour le Slovan Bratislava, cette qualification constitue également une performance majeure. Habitué à dominer le football slovaque, avec sept titres remportés lors des huit dernières saisons, le club surnommé les Belasí disputera, seulement pour la deuxième fois de son histoire, la phase finale de la Ligue des champions. La première remonte à la saison 2024-2025.
Le Slovan a construit cette qualification au terme d’un parcours entamé, il y a plus d’un mois. Au deuxième tour de qualification, les hommes de Yaya Touré ont éliminé les Géorgiens du FC Iberia. Ils ont ensuite pris le dessus sur Mjällby, champion de Suède en titre, avec deux victoires à l’aller comme au retour (2-1, 2-0). Sur la scène nationale, le début de saison est tout aussi convaincant : quatre victoires en quatre journées de championnat. Il restait alors le dernier obstacle, le NK Celje. Face aux Slovènes en barrage, le Slovan s’est imposé 2-1 après prolongation mercredi soir. Un succès obtenu notamment grâce à Cristian Martínez, international panaméen recruté à la demande de Yaya Touré.
Au coup de sifflet final, la joie a rapidement gagné le vestiaire. Les joueurs ont entonné le célèbre « Yaya, Yaya, Yaya Yaya Touré », avant que leur entraîneur ne les rejoigne, tout sourire, pour quelques pas de danse. Une scène à la fois festive et symbolique pour celui qui découvre cette saison le rôle de numéro un.
Quelques heures plus tard, Yaya Touré a partagé son émotion sur les réseaux sociaux. « Fier de mes joueurs, du staff, du club et de nos supporters. Fier de participer ensemble à la Ligue des champions. Fier d’être Africain », a écrit l’Ivoirien, avant d’ajouter : « Il reste encore beaucoup à faire. Ensemble ! »
Cette qualification récompense aussi plusieurs années de formation et d’apprentissage loin des projecteurs. Depuis sa retraite en 2020, l’ancien joueur de Monaco, du FC Barcelone et de Manchester City a progressivement construit son parcours d’entraîneur. Il a notamment travaillé à l’Olimpik Donetsk, à l’Akhmat Grozny, au centre de formation de Tottenham et au Standard de Liège, avant de rejoindre le staff de l’équipe nationale d’Arabie saoudite aux côtés de Roberto Mancini. Sa première expérience à la tête d’une équipe première prend donc une tournure spectaculaire.
En qualifiant le Slovan Bratislava pour la phase de groupe de la Ligue des champions, Yaya Touré s’offre un accomplissement personnel majeur. Mais son succès dépasse aussi le cadre du club slovaque. Il constitue un symbole fort pour les entraîneurs africains, encore trop rarement installés sur les bancs des grandes équipes européennes. Pour sa première saison comme entraîneur principal, Yaya Touré ne pouvait rêver meilleur début.
Eric KOUAKOU