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Réalisée entre le 13 août et le 3 septembre auprès d’un échantillon représentatif, l’enquête révèle que la majorité des électeurs ivoiriens souhaitent la participation des principaux opposants, y compris ceux actuellement exclus de la compétition.
Selon les résultats, 66 % des électeurs d’Alassane Ouattara, président sortant et candidat du RHDP, souhaitent que Tidjane Thiam, président du PDCI, figure sur la liste électorale. De même, 55 % des sympathisants du chef de l’État se disent favorables à la participation de Laurent Gbagbo, fondateur du PPA-CI, malgré des rivalités historiques entre leurs bases.
La tendance se confirme pour d’autres figures : 59 % soutiennent la candidature de Charles Blé Goudé, tandis que 56 % se prononcent pour le retour politique de Guillaume Soro. Ces chiffres traduisent, selon les analystes, une aspiration à une compétition ouverte et transparente. « Le résultat est sans appel : il y avait une soif d’une élection inclusive en 2025 en Côte d’Ivoire », analyse Norbert Navarro, ancien rédacteur en chef à RFI.
Le même sondage mesure les intentions de vote pour le premier tour. Les résultats placent Alassane Ouattara en tête avec 38 %, suivi de Tidjane Thiam (25 %) et Laurent Gbagbo (18 %). Derrière, Tiémoko Assalé recueille 5 %, Vincent Toh Bi Irié et Ahoua Don Mello, chacun 4 %, tandis que Jean-Louis Billon est crédité de 2 %. Les autres candidats totalisent 5 %. Au second tour, l’institut maintient un scénario déjà observé en avril : Tidjane Thiam l’emporterait avec 57 % des suffrages exprimés contre 43 % pour Alassane Ouattara.
Ce sondage est rendu public alors que la Cour constitutionnelle a validé le 8 septembre cinq candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 25 octobre, dont celle du président sortant Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat. Plusieurs figures majeures de l’opposition ont été recalées, parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Tidjane Thiam. Cette décision, jugée irrévocable, a ravivé les tensions politiques, les partisans des candidats recalés dénonçant une compétition verrouillée et appelant à faire barrage à un nouveau mandat du président sortant.
Offensive diplomatique
Les résultats de ce sondage servent d’arguments à Tidjane Thiam, actuellement en mission aux États-Unis, où il a été reçu par le Département d’État. Selon des sources proches de son entourage, il a rencontré le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, Jonathan Pratt, chargé de la formulation de la politique américaine en Afrique subsaharienne.
Thiam a également eu des échanges avec des responsables des deux principaux partis américains, ainsi qu’avec plusieurs institutions influentes. Parmi elles figurent l’International Republican Institute (IRI), spécialisé dans les évaluations préélectorales, et l’American Enterprise Institute (AEI), un think tank de premier plan basé à Washington. L’ancien banquier a en outre été reçu par Ajay Banga, président de la Banque mondiale.
E.KOUAKOU