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Outre l’accueil des dignitaires religieux du monde entier et des fidèles, le Vatican va devoir aussi organiser le recueillement qu’imposent les circonstances. Puisque, dès le lendemain de l’annonce du décès du pape, commencent neuf jours de prières et de messes (les « novemdiales ») au Vatican et dans l’Église.
Les obsèques proprement dites sont organisées entre quatre et six jours après la mort. De façon à permettre aux personnalités du monde entier, ainsi qu’aux fidèles qui le désirent, d’avoir le temps de venir se recueillir devant le corps du pape.
Le protocole des obsèques a été simplifié par le pape François l’an dernier. Il a prévu un rite unique et plus rapide et un enterrement dans un cercueil simple, pour davantage de sobriété. Il a également mis fin à la cérémonie de fermeture du cercueil et à l’exposition du corps. Le pape François a demandé à être enterré dans la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome et non pas dans la basilique vaticane.
Le cardinal camerlingue, pape « par intérim »
C’est le cardinal irlandais Kevin Farrell, préfet du dicastère (ministère) pour les laïcs, la famille et la vie, qui a été choisi pour le poste de cardinal camerlingue, en 2019. Tous les plus hauts responsables du « gouvernement » de l’Église, c’est-à-dire la Curie romaine, doivent eux se démettre de leurs fonctions à la mort du pape ; seul le cardinal camerlingue reste en poste pour administrer les affaires courantes. Il convoque alors les réunions de cardinaux, appelées « congrégations », qui vont prendre en charge la suite du rituel.
Les congrégations générales
Réunis par le camerlingue, les cardinaux décident avec lui du jour et des modalités des obsèques du pape, le jour du début du conclave, des dépenses courantes pendant la vacance du siège, etc.
Les cardinaux font aussi le bilan de la situation de l’Église sous la houlette du doyen du Sacré Collège. Chacun des 200 cardinaux est censé prendre au moins une fois la parole pour exprimer son point de vue. Ces réunions sont importantes, car elles permettent aux cardinaux de déterminer qui peut être le futur pape compte tenu des besoins de l’Église.
« C’est d’ailleurs lors de l’une de ces rencontres après la renonciation de Benoît XVI en 2013 que le cardinal Bergoglio s’était fait remarquer par la clarté de son analyse, le courage de ses propositions et la puissance de son charisme », peut-on lire dans Le Figaro.
Le conclave
L’entrée en conclave, pour l’élection du successeur du pape défunt, intervient entre 15 et 18 jours après la mort du pape. La durée moyenne des dix derniers conclaves était de trois jours. Le dernier conclave, qui a élu François en 2013, n’a duré que deux jours et comportait cinq tours de scrutin.
Le conclave et les cardinaux électeurs
Quelque 137 cardinaux (or le nombre maximum est de 120, signale notre correspondant au Vatican), ceux âgés de moins de 80 ans au moment du conclave de François, sont éligibles pour participer au conclave qui élira le futur pape. Les 115 cardinaux âgés de 80 ans ou plus, eux, ne peuvent pas participer au conclave, mais peuvent se joindre aux sessions quotidiennes des congrégations générales.
La personne choisie comme pape ne doit pas nécessairement être l’un des cardinaux électeurs, mais dans la pratique, c’est toujours le cas. Les cardinaux électeurs viennent de 71 pays, contre seulement 48 en 2013, année de l’élection du pape François. Les Italiens constituent le plus grand bloc national, avec 17 cardinaux, contre 10 des États-Unis et sept du Brésil. Au total, on compte 54 cardinaux électeurs d’Europe, 24 d’Asie, 18 d’Afrique, 18 d’Amérique du Sud, 16 d’Amérique du Nord, 4 d’Amérique centrale et 4 d’Océanie.
Enfermés dans la chapelle Sixtine, les cardinaux se tiennent dans le silence de la prière et procèdent aux tours de vote. À l’exception du premier jour, où un seul tour de scrutin est organisé, les cardinaux organisent deux scrutins quotidiens jusqu’à ce qu’un candidat obtienne une majorité des deux tiers plus un. Tous les participants sont tenus au secret du vote.
Fumée noire ou fumée blanche
Les cardinaux votent sur des bulletins portant l’inscription latine « Eligo in Summum Pontificem » (« Je choisis comme Souverain Pontife »). Les bulletins sont rassemblés et brûlés à la fin des séances du matin et de l’après-midi, la fumée s’échappant d’une cheminée improvisée au-dessus de la chapelle Sixtine. Une fumée noire indique que les votes ne sont pas concluants, tandis qu’une fumée blanche indique au monde extérieur qu’un pape a été élu. Dans ce dernier cas, le bourdon de la basilique Saint-Pierre sonnera, confirmant qu’un nouveau pape a été élu.
Les signaux de fumée sont attendus vers midi et 19 heures chaque jour de vote. Cependant, la fumée pourrait émerger plus tôt si le nouveau pontife est élu au premier tour de l’une des sessions.
L’annonce du nom du nouveau pape
Après l’élection du pape, un cardinal de haut rang apparaît au balcon de la basilique Saint-Pierre et annonce en latin : « Annuntio vobis gaudium magnum. Habemus Papam » (« Je vous annonce une grande joie. Nous avons un pape »). Il identifie le nouveau pape par son prénom, dont le nom est traduit en latin, puis proclame le nom papal choisi par le nouveau chef de l’Église.
Après l’annonce, le nouveau pape s’avance pour prononcer son premier discours public et sa première bénédiction « Urbi et Orbi » (« À la ville et au monde ») devant les fidèles, place Saint-Pierre.
RFI