À quelques jours desélections législatives du 27 décembre 2025, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) durcit le ton face aux candidatures dissidentes. Le parti au pouvoir a suspendu l’un de ses cadres locaux, illustrant une ligne de fermeté assumée à l’approche du scrutin.
Metoba Coulibaly, secrétaire départemental du RHDP à Dualla-Massala, a été suspendu de toutes ses fonctions pour avoir maintenu une candidature indépendante, en dépit de l’investiture officielle accordée au député sortant Mamadou Dosso, dit Mamadou 3. La décision s’inscrit dans une stratégie disciplinaire visant à contenir les dissidences internes.
Dans une lettre datée du 18 décembre 2025, signée par le coordonnateur régional RHDP du Worodougou, Bouaké Fofana, et consultée par Linfodrome, la direction du parti reproche à M. Coulibaly « d’avoir maintenu [sa] candidature indépendante en violation des textes du RHDP ». La sanction est sans ambiguïté.
Le cadre suspendu est immédiatement déchargé de « toutes [ses] fonctions et responsabilités au sein du parti ». Il lui est également exigé de « restituer sans délai les biens et documents du RHDP » en sa possession et de « cesser de se prévaloir de [ses] anciennes fonctions, de quelque façon que ce soit ».
Une stratégie dictée par le sommet
Cette décision intervient dans un contexte politique marqué par une volonté claire de la direction du RHDP de préserver la cohésion interne. Le président Alassane Ouattara a personnellement instruit son parti de privilégier la reconduction des députés sortants, afin de garantir la stabilité et la continuité de l’action gouvernementale.
Réélu lors de la présidentielle d’octobre 2025, le chef de l’État vise une majorité parlementaire confortable pour soutenir ses projets de développement et sa vision d’une « Côte d’Ivoire en paix et solidaire ». Cette stratégie, toutefois, alimente des frustrations locales, souvent liées à des processus d’investiture jugés très centralisés.
Si certains ont choisi de se retirer face à la pression du parti comme ce fut le cas à Agboville, de nombreux candidats indépendants maintiennent leur course, arguant souvent vouloir répondre aux besoins spécifiques de leurs populations locales ou dénonçant un manque de renouvellement au sein des choix du parti.
La suspension de Metoba Coulibaly n’est pas un cas isolé. Fin novembre, six membres du bureau régional de l’Union des jeunes du RHDP (UJ-RHDP) dans le Lôh-Djiboua avaient déjà été sanctionnés pour des motifs similaires. Le parti refuse désormais toute négociation avec les cadres qui conditionneraient leur ralliement ou menaceraient de se maintenir hors des listes officielles.
Le 6 décembre, lors d’un meeting à la place Ado d’Abobo, le secrétaire exécutif du RHDP, Cissé Ibrahima Bacongo, aux côtés de Téné Birahima Ouattara, avait clairement prévenu : le parti est « déterminé à lutter contre les candidatures indépendantes » issues de ses propres rangs.
L’objectif est clair : éviter la dispersion des voix et sécuriser une majorité solide à l’Assemblée nationale. Le défi reste néanmoins considérable. Sur près de 1 000 candidats enregistrés pour les 255 sièges de députés, environ 60 % se présentent comme indépendants, selon plusieurs estimations.
À ce stade, aucune réaction publique de Metoba Coulibaly n’a été enregistrée. Reste à savoir si cette suspension débouchera sur une exclusion définitive ou si elle vise avant tout à contraindre le cadre sanctionné à retirer sa candidature dissidente. Contactés, les services de communication du RHDP n’ont pas encore réagi.
Avec Linfodrom