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Le torchon brûle entre le Niger et l’Union Européenne. Au cœur de la discorde, la gestion d’une aide humanitaire destinée aux victimes des récentes inondations. Cette aide, non sollicitée selon les autorités nigériennes, a été distribuée directement par des ONG sélectionnées par la délégation de l’UE à Niamey, sans concertation préalable avec le gouvernement. Une démarche jugée irrespectueuse par le Ministère des Affaires Étrangères nigérien.
Une décision souveraine et ferme
Dans un communiqué publié le 23 novembre 2024, les autorités nigériennes ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’elles considèrent comme une atteinte à leur souveraineté.
Selon le ministère, l’aide en question a été annoncée sur les réseaux sociaux avant même que les autorités n’en soient officiellement informées. Une entorse aux usages diplomatiques, d’autant plus marquée que les opérations se sont poursuivies malgré une mise en garde formelle adressée à l’Ambassadeur Salvador Pinto Da França le 14 octobre dernier.
Face à cette situation, le gouvernement nigérien a pris une décision forte : demander le rappel et le remplacement de l’Ambassadeur Salvador Pinto Da França. Ce dernier, accusé de ne pas respecter les directives des autorités nigériennes, a vu sa collaboration jugée « impossible » par Niamey.
Contrairement à ce qu’a laissé entendre l’Union Européenne, cette initiative émane du Niger lui-même, souligne le communiqué. Niamey affirme avoir décidé de financer sur fonds propres les opérations nécessaires pour répondre aux dégâts causés par les inondations, sans faire appel à une aide internationale, encore moins à celle de l’Union Européenne.
Le Niger entretient des relations difficiles avec les Européens, en particulier avec la France, son ancienne puissance coloniale. Les relations diplomatiques entre Paris et Niamey sont presque rompues depuis le coup d’État de juillet 2023, qui a porté les généraux au pouvoir en renversant le président Mohamed Bazoum. Cette crise s’inscrit donc dans un climat de défiance généralisée vis-à-vis des partenaires européens, perçus par Niamey comme intrusifs dans la gestion des affaires intérieures du pays.
Malgré cette crise, le pays réitère son ouverture à une collaboration internationale, mais dans le respect de sa souveraineté et de ses choix stratégiques. « Le Niger reste engagé à travailler avec tous les pays et organisations internationales épris de paix et de justice », précise le communiqué.