La Préfecture de police d’Abidjan a officiellement relancé, ce lundi 1er décembre 2025, l’opération « Épervier », un dispositif de contrôle routier renforcé destiné à réduire les accidents et lutter contre les infractions sur les axes à forte circulation. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse animée par le commissaire divisionnaire major Yéo Kollo, préfet de police d’Abidjan, en présence du directeur général des Transports terrestres et de la Circulation (DGTTC), Oumar Sacko.
Cette opération, déjà menée l’année précédente, intervient dans un contexte marqué par une hausse notable des accidents de la circulation et des actes d’incivisme sur la voie publique. Selon les statistiques de la Police nationale, 735 accidents ont été enregistrés dans le district d’Abidjan sur la seule semaine du 23 au 29 novembre, dont 185 accidents corporels ayant fait 256 blessés et 5 décès. Les engins impliqués sont principalement des véhicules particuliers (491), des camions et camionnettes (170), des taxis et VTC (168) ainsi que des motos (117).
Stratégie nationale de sécurité routière
Devant la presse, le préfet d’Abidjan a expliqué que l’opération s’inscrit dans « la mise en œuvre de la Politique générale de sécurité et de la Stratégie nationale de sécurité routière », et vise à répondre à « la nécessité impérieuse d’assurer la sécurité des usagers de la route, notamment en cette période de fin d’année où les flux de déplacement augmentent considérablement ».
« Nous assistons à un mouvement important des populations à l’intérieur du pays et à une circulation accrue des flux financiers. Il nous appartient d’assurer la sécurité de tous nos concitoyens », a déclaré Yéo Kollo. Il a précisé que les contrôles cibleront les engins à deux, trois et quatre roues, dont le non-respect du code de la route et l’absence de documents en règle constituent des facteurs aggravants d’insécurité.
L’opération porte notamment sur la vérification des permis de conduire, des assurances, des vignettes, des visites techniques ainsi que du port du casque pour les motocyclistes. La lutte contre les plaques d’immatriculation fantaisistes ou banalisées constitue l’un des volets centraux du dispositif.
Sacko Oumar, Directeur général des Transports terrestres, a insisté sur la recrudescence des plaques irrégulières, utilisées parfois pour échapper à la vidéo-verbalisation ou dissimuler des véhicules administratifs. « Nous avons une multiplicité d’immatriculations non conformes. Certaines sont provisoires mais détournées de leur usage légal, d’autres sont entièrement fantaisistes », a-t-il alerté.
Selon la DGTTC, l’utilisation de plaques fantaisistes est punie par une loi de 1963 prévoyant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et deux millions de francs CFA d’amende. « Nous avons déjà saisi le ministère de la Justice afin que ces dispositions soient appliquées avec fermeté », a précisé Sacko Oumar, qui appelle à « passer à la vitesse supérieure » pour éviter la répétition annuelle des mêmes dérives.
Pour cette première journée, 476 agents ont été déployés, dont 367 pour la Préfecture de police d’Abidjan et 74 issus des unités d’intervention. Les services de renseignement font état d’une bonne adhésion des usagers et d’une fluidification du trafic sur les axes contrôlés. Les résultats partiels de la matinée du 1er décembre font état de 263 engins immobilisés, dont 154 véhicules pour divers motifs : 22 défauts d’assurance, 46 défauts de visite technique, 28 défauts d’origine, 40 plaques concessionnaires WW non conformes et 18 plaques banalisées ou fantaisistes.
En parallèle, 108 motos et tricycles ont été immobilisés. Des contrôles d’alcoolémie effectués la semaine précédente révèlent 6 cas positifs sur 332 personnes testées. Selon les autorités, les principales causes d’accidents demeurent « la prolifération de véhicules de transport avec chauffeurs (VTC) conduits par des amateurs » et « les nombreuses motos circulant sans permis ». L’opération « Épervier » entend corriger ces dérives en intensifiant la surveillance, notamment grâce au Système de transport intelligent (STI), dispositif numérique de contrôle basé sur l’immatriculation.
Pour la Préfecture de police, l’objectif est double : réduire le nombre d’accidents et restaurer le respect du code de la route, dans une capitale où les congestions chroniques augmentent les risques d’incidents. « Nous devons garantir la sécurité de tous nos concitoyens. Ceux qui ne sont pas en règle devront stationner leurs véhicules et s’exposent à des sanctions », a conclu le préfet d’Abidjan.
Eric KOUAKOU