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Réuni au Palais présidentiel, le Conseil national de sécurité (CNS) a d’abord dressé le bilan des actions menées entre 2012 et 2025. Selon les chiffres communiqués, l’indice moyen annuel de sécurité est passé de 3,6 en 2012 à 1,53 en 2025, soit une amélioration de 77,5 %. Le CNS « note, avec satisfaction, une amélioration continue de la situation sécuritaire, sur l’ensemble du territoire national, depuis 2012 ».
Cette progression est attribuée aux réformes engagées depuis plus d’une décennie : opérations contre la grande criminalité, lutte contre le trafic de stupéfiants, surveillance face aux menaces terroristes, combat contre l’orpaillage clandestin ou encore contrôle de la fuite des produits agricoles vers les pays voisins. Les autorités mettent également en avant le renforcement des effectifs, la modernisation des équipements et la multiplication des infrastructures de sécurité.
Parmi les décisions les plus significatives figure le renforcement du dispositif aux frontières septentrionales. Le Conseil a instruit le Chef d’État-Major Général des Armées « à l’effet de prendre les mesures appropriées pour le renforcement du dispositif sécuritaire aux frontières Nord du pays ». Cette orientation intervient dans un contexte régional marqué par des tensions sécuritaires persistantes au Sahel. La frontière nord de la Côte d’Ivoire, notamment avec le Burkina Faso et le Mali, est une zone à haut risque marquée par des incursions de groupes armés djihadistes, l’orpaillage illicite et des tensions communautaires. L’insécurité a provoqué le déplacement de milliers de personnes et des affrontements sporadiques avec les forces de défense ivoiriennes. L’objectif affiché par le gouvernement ivoirien est donc de consolider la surveillance et la capacité de réaction dans les zones sensibles.
Plus de 115 000 demandeurs d’asile
Autre dossier central : la hausse du nombre de réfugiés en provenance du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali et du Ghana. Le total dépasse désormais 115 000 demandeurs d’asile.
Face à cette situation, le Secrétaire exécutif du Cns est chargé de poursuivre la coordination de l’enregistrement biométrique et de l’assistance humanitaire, « conformément aux engagements internationaux » du pays. L’appui concerne à la fois les personnes déplacées et les communautés ivoiriennes qui les accueillent. Le texte évoque également l’organisation de retours volontaires, à l’image de l’expérience menée avec le Ghana.
Le Conseil souligne par ailleurs que l’insuffisance de couverture en réseau constitue un frein au déploiement efficace des forces dans certaines zones frontalières. En réponse, le Président de la République a instruit le Premier ministre d’accélérer le Programme national de connectivité rurale (Pncr). Il lui a aussi demandé « d’envisager la mise en œuvre de solutions “satellite à mobile” pour accélérer la couverture totale du territoire national ». Pour les autorités, l’extension du réseau télécom n’est plus seulement un enjeu de développement, mais aussi un outil stratégique pour la coordination des opérations sur le terrain.
Des mesures attendues
Malgré un bilan global jugé satisfaisant, le nombre d’accidents de la circulation reste préoccupant. Le Premier ministre annoncera prochainement, en Conseil des ministres, des mesures destinées à réduire drastiquement les drames sur les routes.
En clôturant la session, le chef de l’État a exprimé sa satisfaction quant aux résultats enregistrés et a appelé les acteurs du secteur à maintenir leurs efforts pour préserver un climat apaisé sur l’ensemble du territoire.
Eric KOUAKOU