|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Selon des sources proches du dossier, les deux responsables politiques étaient entendus par la juge d’instruction du 10ᵉ cabinet du tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau. Cette mesure intervient après la convocation, la veille, de plusieurs cadres du Ppa-CI. Parmi eux figurent Damana Pickass, 2ᵉ vice-président du Conseil stratégique et politique du parti ; Koua Justin et Ikpo Lagui. Tous ont répondu à l’appel des autorités policières.
À l’issue de ces auditions, Damana Pickass a indiqué que le procureur leur avait fait savoir qu’il disposait d’informations compromettantes et les avait mis en garde contre tout comportement pouvant troubler l’ordre public.
Dans le même contexte, Marie-Odette Lorougnon a été entendue à la préfecture de police. Elle aurait tenu, selon plusieurs sources, des propos jugés xénophobes lors d’un rassemblement tenu le week-end dernier à Bonoua. D’autres cadres convoqués par le procureur de la République, Koné Braman, ont quant à eux été relâchés dès lundi soir.
Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a réagi lundi au déferrement de ses cadres Blaise LASM et Dahi Nestor au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (ex-MACA), après plus de 24 heures de garde à vue.
Les deux responsables, respectivement Secrétaire Général Adjoint en charge des Grands Ponts et de Yopougon-Sogon, sont inculpés pour « provocation à l’insurrection, atteinte à l’autorité de l’État et à l’intégrité du territoire national, ainsi que troubles à l’ordre public », selon un communiqué du parti.
Dans sa déclaration, le PPA-CI qualifie ces mesures de « décision arbitraire » et les interprète comme une tentative de restreindre la liberté d’expression politique et de museler l’opposition. Le parti affirme sa solidarité avec Blaise Lasm et Dahi Nestor et appelle ses militants, sympathisants et toutes les forces vives du pays à rester mobilisés face à ce qu’il considère comme une répression ciblée.
Selon le PPA-CI, ce déferrement intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes à moins de quatre semaines de la présidentielle prévue le 25 octobre 2025. Le parti rappelle que plusieurs autres cadres convoqués par le procureur de la République, Koné Barman, ont été libérés dans la journée de dimanche, tandis que Lasm et Dahi Nestor ont été maintenus.
Le communiqué du parti ne fait pas mention de Marie Odette Lorougnon, autre cadre du PPA-CI, qui demeure à la préfecture de police. Cette dernière est au centre d’une polémique liée à des propos jugés xénophobes tenus lors d’une rencontre à Bonoua le week-end dernier.
Le PPA-CI indique également que ces mesures n’affecteront pas ses actions politiques, notamment la marche pacifique prévue le 4 octobre en collaboration avec le PDCI-RDA, destinée à réclamer un dialogue politique ouvert et des élections inclusives et transparentes.
Aucune réaction officielle du parquet ou des autorités judiciaires n’a été publiée à ce stade. Les observateurs notent que cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions entre les autorités ivoiriennes et certains responsables politiques de l’opposition, à l’approche de la présidentielle.
E.KOUAKOU