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Le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, a annoncé avoir eu, lundi 15 septembre 2025 à Washington, une réunion de travail avec William B. Stevens, sous-secrétaire adjoint au département d’État américain. Selon lui, cet entretien a porté sur la démocratie et la stabilité en Côte d’Ivoire.
Le Département d’État américain (United States Department of State) est l’agence fédérale des États-Unis chargée des affaires étrangères et de la politique étrangère du pays. Il est le bras diplomatique du pays, gérant les relations avec les autres nations et participe activement à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique étrangère américaine.
Le PDCI, son parti, parle d’« échanges constructifs pour l’avenir de la Côte d’Ivoire » et indique que les « discussions ont porté sur la démocratie et la stabilité dans le pays ». Car le contexte de cette rencontre est particulièrement tendu. Le 8 septembre, le Conseil constitutionnel ivoirien a validé la candidature du président sortant, Alassane Ouattara, pour un quatrième mandat à l’élection prévue le 31 octobre.
Sur 60 dossiers de candidatures déposés, seuls cinq ont été retenus. Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam lui-même, ont vu leurs dossiers rejetés. Cette décision a ravivé les tensions politiques et suscité une vague de contestations. Les partis d’opposition et la société civile dénoncent un « verrouillage du processus électoral » et un « viol de la Constitution », dont l’article 55 limite le mandat présidentiel à deux renouvellements.
Le Front Commun, regroupant notamment le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA de Tidjane Thiam promet d’intensifier ses actions de mobilisation dans les semaines à venir.
Si aucune déclaration officielle n’a été faite du côté américain, le message relayé par le leader du PDCI laisse entendre un encouragement au dialogue inclusif.
Washington redoute notamment que la crispation autour de la présidentielle ne débouche sur des violences similaires à celles de 2010-2011, qui avaient fait plus de 3 000 morts.
Exclu de la liste électorale pour un problème de nationalité selon la justice ivoirienne, Tidjane Thiam, qui vit une sorte d’exil depuis plusieurs mois en France, a multiplié les rencontres diplomatiques et politiques pour mobiliser un soutien international en faveur d’une élection présidentielle inclusive et pacifique en Côte d’Ivoire.
Le 22 août 2025, il a rencontré l’ancien président français François Hollande, échangeant sur la situation socio-politique du pays et sur les conditions d’une élection transparente et apaisée. Il a également été reçu par des représentants de l’Union européenne, dans le cadre de démarches visant à sensibiliser les institutions européennes sur la nécessité d’un processus électoral équitable.
Axel KONE