D’entrée de jeu, le président Kuyo Téa Narcisse se veut rassurant : « L’Africa Sport se porte bien. Comme tout club, nous avons nos difficultés, mais nous avançons. » Pour lui, le club repose sur deux piliers essentiels : l’équipe sportive et les supporters. Il insiste sur le caractère multidisciplinaire du club et la mobilisation continue de ses fans. Cependant, il reconnaît que la stabilité institutionnelle reste le grand défi de l’Africa : « Sans stabilité, on ne peut pas construire de projet durable. C’est pourquoi je me bats pour asseoir une gouvernance respectueuse des textes. »
Lors de sa récente conférence de presse, Kuyo Téa Narcisse a annoncé qu’il ne se représentera pas à la présidence du club à la fin de son mandat, prévue pour le 30 décembre 2025. « Ce n’est pas une décision extraordinaire. Dans la vie, il faut savoir passer le relais. Nos textes fixent une limite d’âge à 70 ans pour être candidat. J’approche cette limite et je préfère éviter toute polémique », a-t-il expliqué.
Le président confie que son objectif est de mettre fin à la tradition des crises internes qui minent le club depuis sa création : « Depuis 78 ans, aucun président n’a terminé son mandat normalement à l’Africa. Je veux être le premier à le faire, dans le respect des statuts. »
Une nouvelle organisation pour plus de transparence
Sous son mandat, le club a mis en place, en 2023, une réorganisation interne basée sur trois catégories : Sympathisants, qui soutiennent ponctuellement le club ; Supporters, qui cotisent 12 000 F CFA par an ; Membres actifs, qui contribuent à hauteur de 100 000 F CFA à l’adhésion et 25 000 F CFA par mois. Ceux-ci disposent d’un droit de vote lors des assemblées générales. « Aujourd’hui, nous avons 122 membres actifs à jour de leurs cotisations. Ce sont eux qui voteront pour élire le futur président », précise-t-il.
Il balaie d’un revers de main les rumeurs faisant état d’un mystérieux groupe de “42 grands électeurs” : « Cela n’existe pas. Les 42 dont on parle étaient simplement les votants exceptionnels de 2021, désignés pour sauver le club. Ce dispositif n’a jamais été prévu dans nos statuts. »
Face aux accusations d’adversaires internes et aux polémiques sur la gestion du club, Kuyo Téa Narcisse se veut ferme : « Beaucoup font du bruit par mauvaise foi. Une association est régie par des lois. Si quelqu’un n’est pas d’accord, qu’il saisisse la justice. » Il estime que le club a trop longtemps été miné par les querelles personnelles : « Depuis des décennies, certains détruisent ce club de l’intérieur. Il faut que ça cesse. Si on aime vraiment l’Africa, on doit œuvrer pour sa stabilité. »
Un héritage concret
Malgré les critiques, le président dresse un bilan positif de sa gestion : « Aujourd’hui, l’Africa dispose d’un siège à Grasse-Pieds, d’un terrain en son nom, et d’autres projets en cours. Les salaires sont payés, les comptes sont suivis, et la Fédération ivoirienne de football salue notre rigueur administrative. » Pour lui, ces acquis posent les bases d’un nouveau cycle de reconstruction : « L’Africa arrive à la fin d’un cycle. Il faut en ouvrir un nouveau, avec une organisation solide et des dirigeants responsables. »
À quelques mois de la fin de son mandat, Kuyo Téa Narcisse promet de terminer dans la légalité et la sérénité : « Je veux partir dans la dignité et laisser un club stable. L’Africa doit être un modèle de gestion, pas un symbole de crise. »
Eric KOUAKOU