Selon la FAO, seulement 1,5% des terres agricoles sont encore utilisables dans l’enclave. Autrement dit, 98,5% des surfaces cultivables ont été détruites ou rendues inaccessibles. En mai dernier, elles étaient 5%. La guerre menée par Israël ne se contente plus de tuer des milliers de civils : elle s’attaque désormais aux racines mêmes de la survie palestinienne, en réduisant à néant les terres cultivables et les moyens d’autosuffisance.
En mai dernier, elles étaient 5%. La guerre menée par Israël ne se contente plus de tuer des milliers de civils : elle s’attaque désormais aux racines mêmes de la survie palestinienne, en réduisant à néant les terres cultivables et les moyens d’autosuffisance. Ce n’est pas un dommage collatéral. C’est une stratégie. En rasant champs, vergers et serres, en bloquant l’accès aux terres, en empêchant toute autosuffisance alimentaire, Israël transforme la faim en une arme politique et militaire.
Le droit international humanitaire est clair : affamer délibérément une population civile constitue un crime de guerre (Article 54 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève). Pousser à la famine par la destruction systématique des moyens de subsistance relève du crime contre l’humanité.
Ce que nous voyons à Gaza en 2025 correspond exactement à cette définition. Les frappes qui détruisent des infrastructures agricoles, les incursions militaires qui ravagent les terres cultivables, le siège qui empêche toute livraison de nourriture : tout cela compose un tableau d’une famine organisée, planifiée, assumée.
Une population piégée entre le siège et la faim
Plus de deux millions de Palestiniens vivent désormais dans une situation d’extrême insécurité alimentaire. Les enfants meurent de malnutrition, les familles dépendent totalement d’une aide humanitaire insuffisante, entravée, parfois même ciblée par les frappes. La survie au quotidien est devenue une loterie macabre, décidée par un occupant qui joue avec la nourriture comme avec une bombe.
L’impunité, ciment du crime
Ce crime contre l’humanité ne pourrait prospérer sans le silence complice de la communauté internationale. L’Occident, si prompt à dénoncer la Russie en Ukraine ou à condamner ailleurs l’usage de la faim comme arme de guerre, détourne les yeux lorsqu’il s’agit d’Israël. Ce deux poids, deux mesures n’est pas seulement une hypocrisie : il est un feu vert donné à la destruction programmée du peuple palestinien.
Il ne s’agit plus de « bavures », de « dommages collatéraux », ni même d’une simple guerre asymétrique. À Gaza, nous assistons à l’utilisation de la famine comme outil de domination et de soumission. Et cela porte un nom : crime contre l’humanité.
Tant que les Nations unies, la Cour pénale internationale, et les grandes puissances continueront à fuir leurs responsabilités, ce crime se poursuivra. L’histoire retiendra que la faim a été utilisée comme une arme à Gaza et que le monde, une fois encore, a choisi de se taire.
Eric KONAN