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Accusé par le ministre-gouverneur Cissé Bacongo d’avoir été membre du Conseil National de Transition (CNT) en 2020, Tidjane Thiam sort de son silence et répond depuis Paris. Dans un long direct diffusé sur TikTok le 10 juin, le président du PDCI-RDA s’est exprimé sans détour sur ce qu’il considère comme une tentative de le salir à l’approche de l’élection présidentielle de 2025.
Lors d’une réunion organisée par les femmes du RHDP à Koumassi le 8 juin, le secrétaire exécutif du parti au pouvoir a affirmé que « le même Tidjane Thiam qui nous a dit qu’il n’aime pas la violence […] c’est le même en 2020 qui était camouflé dans le Conseil National de Transition. Il était dans le CNT, c’est-à-dire les putschistes. » Une déclaration qui a suscité de vives aux réactions au sein de l’opinion publique et dans les rangs de l’opposition. Face à ces accusations, l’ancien directeur général du Crédit Suisse n’a pas tardé à réagir.
Thiam assure qu’il a toujours pris ses distances avec le CNT, instance créée le 2 novembre par l’opposition après la réélection contestée d’Alassane Ouattara en octobre 2020.
Pour rappel, le Conseil National de Transition, proclamé par Pascal Affi N’Guessan au nom de l’opposition, était censé assurer une transition politique après l’examen jugé illégal par plusieurs partis. Cependant, le CNT n’a jamais fonctionné comme une entité gouvernementale et a été véritablement dissous par Henri Konan Bédié le 9 décembre 2020.
« Demandez à Doh Simon »
Dans son intervention, Thiam a insisté sur le fait qu’il avait déconseillé la création du CNT dès le départ. « À l’époque, j’ai toujours cru que c’était une erreur. Demandez à Doh Simon et à mon frère Aziz. Je leur ai dit d’aller voir le président Bédié, d’essayer de le convaincre de ne pas faire cela », a-t-il révélé. Il affirme avoir mis en garde contre une dérive illégale du processus, qui pourrait être exploitée par le pouvoir en place : « Le boycott a été efficace. Si on va dans l’illégalité, ça ne peut que se retourner contre nous. »
L’ancien ministre du Plan de Côte d’Ivoire sous Henri Konan Bédié dément fermement toute implication dans une tentative de renversement du pouvoir. « Mon nom n’est pas dans le CNT et je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui, pour m’empêcher d’être candidat, on va déterrer une affaire où je n’ai rien à voir. »
A.KONE