La Commission européenne a actualisé sa liste des pays et territoires tiers « à haut risque » en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Et cette fois, la Côte d’Ivoire fait partie des nouveaux entrants sur cette liste noire, aux côtés de pays comme l’Algérie, le Kenya, le Liban ou encore Monaco. Rendue publique ce 10 juin 2025, cette décision, selon Bruxelles, repose sur l’existence de carences stratégiques dans les régimes nationaux de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Les pays épinglés sont désormais soumis à une vigilance renforcée de la part des entités financières de l’Union européenne. « Les entités de l’UE doivent faire preuve d’une vigilance accrue dans les transactions impliquant ces pays », précise le communiqué officiel, soulignant l’objectif de protéger le système financier européen. Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont des enjeux majeurs en matière de sécurité financière et de lutte contre la criminalité. Le blanchiment de capitaux consiste à dissimuler l’origine illégale des fonds, tandis que le financement du terrorisme vise à collecter des fonds pour soutenir des organisations terroristes.
L’entrée de la Côte d’Ivoire dans cette liste pourrait avoir des répercussions importantes sur son attractivité financière, ses flux d’investissements, et la confiance des institutions étrangères. Si l’impact est encore difficile à mesurer, plusieurs observateurs évoquent déjà un risque de déclassement auprès des bailleurs internationaux. En parallèle, certaines juridictions ont été retirées de la liste, notamment le Sénégal, la Jamaïque, le Panama ou encore les Philippines, signe qu’un processus de réforme peut conduire à une sortie du dispositif.
La Commission explique que cette mise à jour s’appuie sur les évaluations du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme mondial de lutte contre le blanchiment. Les juridictions concernées sont celles soumises à un « suivi renforcé » de la part du GAFI. « L’identification de ces juridictions est un outil essentiel pour préserver l’intégrité du système financier de l’UE. Elle encourage les réformes nécessaires dans les pays concernés. », a déclaré Maria Luís Albuquerque, coordonnatrice de la Commission pour les questions financières.
Et maintenant ? Conformément à la quatrième directive anti-blanchiment, cette liste mise à jour prendra effet après un délai d’un mois, sauf objection du Parlement ou du Conseil. Les pays ciblés devront engager un dialogue avec la Commission et mener des réformes rapides pour espérer être retirés de la liste.
Pour la Côte d’Ivoire, ce classement constitue un véritable défi diplomatique et économique, alors que le pays ambitionne d’attirer davantage d’investisseurs dans le cadre de son Plan National de Développement.
J.F. PAGNI