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Créé à la suite de l’adoption des textes lors de l’Assemblée générale du 26 décembre 2024, le Tribunal du football se veut un organe autonome, professionnel et adapté aux réalités du football national. Pour conduire cette institution, la Fif a porté son choix sur madame Vonan Bi Thany Lou Tanan Esther, magistrate hors hiérarchie, nommée présidente du Tribunal du football pour un mandat de quatre ans. Deux vice-présidents ont également été désignés afin de diriger les différentes chambres de la juridiction, notamment la Chambre du Statut du Joueur et des Agents ainsi que la Chambre de Résolution des Litiges.
Président de la Commission des questions juridiques et membre du Comité exécutif de la Fif, Dirabou Erickson a présenté l’architecture et les missions de cette nouvelle instance. Selon lui, le Tribunal du football repose sur une organisation structurée autour d’un président, de deux présidents de chambre et d’assesseurs issus des différentes composantes du football ivoirien.
La juridiction se distingue également par sa composition paritaire. Douze représentants y siègent, dont six au titre des joueurs et six au titre des clubs. Ces membres proviennent des différentes catégories du football national : Ligue 1, Ligue 2, Division 3 et football féminin. Le Tribunal du football sera compétent pour traiter l’ensemble des contentieux contractuels liés à l’activité footballistique. Il examinera notamment les différends entre clubs et joueurs, les litiges impliquant les officiels, les conflits liés aux agents de joueurs ou aux organisateurs de matchs, ainsi que tout autre contentieux relevant de l’écosystème du football. Les magistrats appelés à siéger au sein de cette juridiction auront pour mission de garantir un traitement impartial, rigoureux et professionnel des dossiers.
Le président de la Fif, Yacine Idriss Diallo, a rappelé que la réforme de la gouvernance figurait parmi les engagements prioritaires de son équipe depuis son élection à la tête de la Fédération. « Cela fait maintenant quatre ans que nous avons été élus à la tête de la Fédération ivoirienne de football, et l’un des enjeux majeurs de notre mandat a été l’amélioration de la gouvernance », a-t-il déclaré.
Le dirigeant ivoirien a souligné que l’installation du Tribunal du football constitue l’aboutissement de plusieurs réformes institutionnelles engagées depuis 2020. Celles-ci ont concerné la révision des statuts, du code disciplinaire, du code électoral et des règlements généraux, mais aussi l’adoption de nouveaux textes relatifs au statut et au transfert des joueurs, aux licences des clubs et aux agents de joueurs.
Pour Yacine Idriss Diallo, cette juridiction spécialisée représente une avancée majeure pour le football ivoirien. « Nous avons voulu faire de cette juridiction un organe véritablement dédié au football, dans lequel siègent, aux côtés des acteurs du football que sont les joueurs et les clubs, des juristes professionnels et des praticiens du droit », a-t-il expliqué.
De toute évidence, la Fif réaffirme sa détermination à offrir aux acteurs du football ivoirien un mécanisme local de règlement des différends, crédible et efficace, tout en réduisant le recours systématique au Tribunal arbitral du sport (Tas). Mieux, elle affiche ainsi sa volonté de renforcer la transparence, la sécurité juridique et la bonne gouvernance au sein du football national.
Eric KOUAKOU