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Tout commence le lundi 8 décembre 2025, aux environs de 15h10. Monsieur I. K., gérant d’un magasin de café-cacao, vient d’effectuer un retrait de 140 millions de FCFA dans une banque de Man. Mandaté par une coopérative agricole basée à Téapleu, il range soigneusement l’argent dans son véhicule et prend aussitôt la route en direction du village.
En cours de trajet, deux individus à moto, une Apsonic noire, surgissent derrière lui et lui font signe de s’arrêter. Quelques secondes plus tard, des coups de feu éclatent. Les assaillants tirent sur les pneus du véhicule afin de l’immobiliser. Pris de panique et sans possibilité de fuite, la victime assiste impuissante au braquage. Les malfaiteurs s’emparent du sac contenant les 140 millions de FCFA, puis prennent la fuite en direction du village de Zélé.
Choqué mais indemne, Monsieur I. K. se rend immédiatement à la BRI de Man pour déposer plainte. Les enquêteurs ouvrent une enquête approfondie. L’audition détaillée de la victime permet de reconstituer les faits. Un élément retient rapidement l’attention des policiers. Les braqueurs semblaient connaître avec précision l’itinéraire et le montant transporté. La piste d’une complicité interne est alors privilégiée.
Les investigations conduisent à l’interpellation de Z. M., alias « Hamed », de nationalité burkinabè, arrêté à Man. Face aux enquêteurs, il reconnaît avoir eu connaissance du projet de braquage avant son exécution. Il révèle également avoir accompagné un certain D. M., surnommé « Logros », le 14 novembre 2025, pour l’achat de la moto Apsonic noire utilisée lors de l’attaque.
Grâce à ces informations, la BRI identifie et interpelle d’autres membres du réseau. Le jeudi 18 décembre 2025, à Lakota, D. M. alias « Logros », de nationalité burkinabè, est arrêté à son domicile. Une somme de 5,5 millions de FCFA est retrouvée en sa possession. Deux jours plus tard, le samedi 20 décembre 2025, B. A., alias « Ablo », également de nationalité burkinabè, est interpellé à Yopougon, quartier Maroc, lors d’une opération conjointe avec la BRI d’Abidjan. Les deux suspects sont transférés à Man pour les besoins de l’enquête.
Lors de son audition, « Logros » passe aux aveux. Il explique avoir été contacté le 5 décembre 2025 par « Ablo », qui lui a pris en charge le transport jusqu’à Man. Il est logé à Zélé avec un autre complice identifié comme I. B. Le jour du braquage, une arme de type Kalachnikov lui est remise. Sa mission est précise. Il doit tirer sur les pneus du véhicule ciblé afin de permettre l’attaque.
Après le braquage, le groupe abandonne la moto, récupère l’argent et prend la fuite. Les malfaiteurs passent par Touba avant de se retrouver à Daoukro, où « Logros » reçoit 20 millions de FCFA comme part du butin. Une partie de cette somme est utilisée pour régler des dettes, le reste étant dépensé. De son côté, B. A. alias « Ablo » reconnaît avoir recruté « Logros ». Il avoue avoir été contacté via l’application WhatsApp par un homme surnommé « Môkô », présenté comme l’un des cerveaux du braquage et résidant au Burkina Faso. Il reconnaît également avoir perçu une part de l’argent volé.
Sur instruction du Procureur de la République, les 5,5 millions de FCFA saisis sont restitués à la victime. Les suspects ont été déférés devant le parquet et devront répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, vol en réunion à main armée et usage d’arme de guerre.
Les enquêtes se poursuivent afin de mettre la main sur les autres membres du réseau, dont le cerveau présumé, toujours en fuite. Cette affaire illustre le caractère prémédité et organisé du braquage, mais aussi l’efficacité du travail méthodique mené par la BRI de Man, qui a permis de démanteler le réseau, élément après élément.
Axel KONE