Incapables d’unifier leur politique, les puissances impérialistes de l’UE ont jusqu’à présent un train de retard sur Trump, qui a déjà commencé les négociations avec la Russie. Zelensky a également réagi de manière vive aux révélations du projet de Trump pour l’Ukraine. Alors qu’il avait lui-même mis sur la table l’idée d’un accord sur les terres rares avec les États-Unis dans son « plan pour la victoire » dévoilé en octobre 2024, il s’est vu obligé de refuser l’accord que l’administration Trump lui a proposé.
Cette situation critique a ouvert une passe d’armes entre le dirigeant ukrainien et le président américain : en réaction aux affirmations de Trump attribuant la responsabilité de la guerre à l’Ukraine, Zelensky a accusé le Président des Etats-Unis de vivre dans un « espace de désinformation russe », ce à quoi Trump a répondu en traitant son homologue ukrainien de « dictateur sans élections ».
Si ces échanges peu cordiaux semblent témoigner d’une aggravation radicale des relations diplomatiques entre les deux pays, il est probable que cette crise débouche sur l’acceptation forcée par Zelensky de l’accord négocié par Trump. Toujours dans l’interview chez FoxNews de ce lundi, Trump menaçait explicitement d’abandonner l’Ukraine à la Russie si Zelensky refusait l’accord de paix : « Ils peuvent conclure un accord, ils peuvent ne pas conclure d’accord. Ils peuvent être russes un jour, ou ils peuvent ne pas être russes un jour ».
Face à cette pression maximale, Zelensky pourrait bien être contraint de brader les ressources ukrainiennes à l’impérialisme étasunien. Lui-même n’est pas dans la position la plus confortable : alors que son mandat expirait officiellement en mai 2024, il ne se maintient au pouvoir que grâce à la loi martiale qui empêche la tenue de toute élection, ce à quoi fait référence la pique lancée par Trump.
L’indignation des capitales européennes ne pèse pas grand-chose contre la volonté du président américain de négocier directement la fin de la guerre en Ukraine avec son homologue russe. Le Vieux Continent a pris conscience que l’Amérique n’était plus son allié inconditionnel. Pis, qu’elle se désolidarisait de son avenir.
J.F.PAGNI