Le directeur exécutif de cette Ong, Dominique Bally Kpokro, qui a donné l’information au cours d’un atelier organisé à l’intention des hommes de médias et des professionnels de la communication, à Abidjan-Cocody, mercredi 28 août 2024, a souligné que cette tendance a été observée dans le pays depuis 2020. « L’inventaire des sites d’orpaillage a montré que ce sont 8 tonnes de mercures qui sont utilisées de façon annuelle », a-t-il déclaré. Toutefois, M. Kpokro a fait savoir qu’entre 2014 et 2017, la prévalence en Côte d’Ivoire était à un niveau nettement supérieur à celui observé au cours de ces dernières années. Aux dires du directeur exécutif, c’était entre 13 et 17 tonnes de mercure qui étaient utilisées exclusivement dans le domaine de l’exploitation artisanale et à petite échelle de l’or.
Le formateur qui intervenait par visio-conférence a souligné que dans le pays, les exploitants artisanaux de l’or sont estimés à plus de 500.000 dont 300.000 dans la partie Nord de la Côte d’Ivoire. En plus du Nord, la zone où l’on trouve également une forte concentration d’orpailleurs est le Centre du pays, renseigne le directeur exécutif du Case. Dominique Bally Kpokro, au regard de ce tableau sombre, a appelé à des actions communes et concertées pour freiner ce phénomène dont les conséquences sur la santé de l’homme et sur l’environnement sont énormes.
L’ambition de sa structure, a-t-il informé, est de former les orpailleurs à une exploitation minière sans utilisation de mercure, eu égard à ses effets nuisibles sur la santé des personnes qui y sont exposées, dont les orpailleurs eux-mêmes. « Nous voulons formaliser ce secteur, former les acteurs pour une exploitation minière sans mercure. Si nous leur expliquons les dangers auxquels ils s’exposent et leur faisons également savoir que l’or produit sans mercure est de meilleure qualité et est vendu beaucoup plus cher que celui qui est produit à base de mercure », a-t-il dit. Il a salué les efforts du gouvernement qui ont déjà été déployés à travers la création de la brigade spécialisée dans la lutte contre cette pratique.
Pour sa part, Dr Koffi Claude François, sous-directeur santé-environnement au ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, a montré les graves conséquences du mercure sur la santé humaine et sur l’environnement. S’agissant de la santé humaine, il a appris que les personnes exposées au mercure sont victimes de troubles neurologiques et comportementaux tels des « tremblements, insomnies, pertes de mémoire, effets neuromusculaires, maux de tête et dysfonctionnements moteurs et cognitifs ». Elles peuvent être malades des reins, des poumons, et avoir des troubles au niveau des yeux et du langage. « Le système immunitaire est affaibli », a-t-il insisté.
Il a affirmé que ces symptômes, une fois qu’ils apparaissent, sont irréversibles. Les modes de contamination au mercure sont, entre autres, « l’inhalation de vapeurs », « la consommation des ressources halieutiques notamment celles d’eaux douces ».
Relativement à l’environnement, il a cité la pollution de l’air, des sols et des eaux. Les organisateurs espèrent que cette série d’activités contribuera à renforcer les compétences des journalistes et des responsables de communication, tout en créant un réseau dédié à la diffusion des initiatives de planetGOLD Côte d’Ivoire dans la lutte contre l’usage du mercure, dans l’optique de contribuer à une exploitation minière plus durable et respectueuse de l’environnement.
Axel KONE