Initiée par le Haut Représentant du Président de la République, Gilbert Koné Kafana, cette conférence avait pour ambition de sortir les institutions de leurs murs pour les rendre accessibles à ceux qui seront en première ligne de leur défense. « Aujourd’hui, nous ne parlons pas à de simples futurs citoyens éclairés, nous parlons à de futurs protecteurs de la République », a souligné le directeur de Cabinet, Amadou Koné, représentant le Haut Représentant, saluant la mobilisation exceptionnelle des élèves et du personnel de l’ENP.
L’exposé technique a été présenté par le directeur des Affaires Juridiques du Conseil constitutionnel, Yao Diassié Basile, qui a retracé l’évolution de l’institution depuis son érection en juridiction autonome en 1994, après avoir été une chambre de la Cour suprême. Il a détaillé ses missions, notamment régulateur du fonctionnement des pouvoirs publics, juge de la conformité des lois au bloc de constitutionnalité, organe consultatif et garant de la régularité des élections présidentielles, parlementaires et des référendums.
Prenant à témoin l’assistance, le chef de cabinet de la Présidente du Conseil constitutionnel, le magistrat Yao Yao Raymond, a posé une question fondamentale: « Est-ce que la Constitution intéresse le policier ? ». Sa réponse a résonné comme un leitmotiv. « La Constitution est le gilet pare-balles juridique du policier », a-t-il indiqué. Dans un échange nourri avec les futurs officiers de police judiciaire, il a insisté sur l’impératif de concilier l’efficacité républicaine avec le respect scrupuleux des droits fondamentaux, garantis par la Constitution.
« Votre devise doit être la loi m’autorise, la Constitution me limite », a-t-il martelé, évoquant la présomption d’innocence, l’interdiction de la torture et le respect de la dignité humaine, des principes inscrits à l’article premier de la Loi fondamentale.
Prenant l’exemple de l’attentat de Grand-Bassam survenu en 2026, il a rappelé que même face au terrorisme, le policier, gardien de la République, doit agir dans le cadre légal, sous peine de voir son travail réduit à néant par une procédure annulée. « En cas de doute, référez-vous au Procureur de la République », a-t-il conseillé, invitant les élèves à faire de la Constitution leur boussole quotidienne.
Le Représentant du directeur de l’ENP, le Commissaire divisionnaire Coulibaly Barnabé, a souligné l’importance de cette rencontre pour des cadres de la sécurité publique qui seront les garants du respect de l’ordre républicain sur le terrain. Cette 10e édition, placée sous le signe de la transmission et de la responsabilité, s’est achevée sur une note solennelle, le directeur de Cabinet ouvert des échanges que les élèves commissaires sont invités à poursuivre avec l’expert pour asseoir leur compréhension de l’institution.
Axel KONE