Représentant le continent africain, la ministre a dressé un bilan de la coopération Afrique–UNESCO dans les domaines de l’éducation, de la culture, des sciences et de la communication. Elle a surtout livré une vision stratégique pour repenser les systèmes éducatifs africains, autour de six leviers d’action majeurs.
S’exprimant au nom de l’Afrique, Mariatou Koné a rappelé que le continent compte plus de 420 millions de jeunes âgés de 15 à 35 ans, représentant à la fois « le plus grand espoir et le plus grand défi » pour son développement. Pour transformer ce potentiel démographique en prospérité durable, elle a souligné la nécessité d’un apprentissage fondé sur quatre familles de compétences complémentaires : les compétences fondamentales (lecture, écriture, calcul, raisonnement critique), les compétences numériques, les compétences vertes et entrepreneuriales, et les compétences civiques et socio-émotionnelles.
Six leviers pour réformer les systèmes éducatifs
La ministre ivoirienne a ensuite présenté six leviers d’action alignés sur les orientations de l’Union africaine et de l’UNESCO : Moderniser les curricula pour les adapter aux enjeux économiques, environnementaux et technologiques contemporains. Introduire l’entrepreneuriat et la citoyenneté dès le primaire, afin d’inculquer l’esprit d’initiative et la responsabilité civique dès le jeune âge. Former les enseignants aux pédagogies actives et à l’usage du numérique pour un apprentissage plus participatif. Relier l’enseignement technique et professionnel au marché du travail, afin de réduire le chômage des jeunes diplômés. Réduire l’écart numérique de genre et promouvoir l’inclusion des filles dans les filières scientifiques et technologiques. Et renforcer la gouvernance éducative par des données fiables et des mécanismes de financement innovants.
Ces actions, selon elle, visent à bâtir une éducation plus inclusive, plus connectée et tournée vers l’avenir. Mariatou Koné a insisté sur trois principes clés pour accélérer la réforme des systèmes éducatifs : Contextualiser sans se limiter, en adaptant les politiques aux réalités locales tout en gardant une ouverture mondiale ; aller vite et bien, pour rattraper les retards structurels ; co-investir, en mobilisant à la fois les gouvernements, le secteur privé et la jeunesse.
Elle a décrit l’Afrique comme porteuse non seulement d’une « fenêtre démographique », mais aussi d’une « fenêtre d’innovation citoyenne ». En combinant compétences techniques et valeurs civiques, la jeunesse africaine peut, selon elle, devenir « créatrice d’emplois, gardienne de la cohésion sociale et actrice de la transition verte et numérique ».
Alliance éducative renouvelée avec l’UNESCO
Au nom de l’Afrique, Mariatou Koné a lancé un appel à une « alliance éducative renouvelée » entre le continent, l’UNESCO et les partenaires internationaux. Elle a souhaité que le biennium 2026-2027 permette à chaque jeune Africain d’exercer pleinement « son droit d’apprendre, d’entreprendre et de servir ».
La directrice générale adjointe de l’UNESCO en charge de l’Éducation, Stefania Giannini, a salué le leadership de la ministre ivoirienne, la qualifiant d’« architecte de la transformation de l’éducation » pour son engagement constant en faveur d’un enseignement inclusif et porteur d’avenir.
Axek KONE