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Continuer à armer, c’est refuser la paix
Les États-Unis, principaux fournisseurs d’armement à Kiev, commencent à douter de leur propre stratégie. L’aide militaire, qui devait permettre à l’Ukraine de résister, s’est transformée en un puits sans fond, sans victoire claire à l’horizon. Des milliards engloutis, des arsenaux vides dans les stocks européens, et au final, une ligne de front gelée, un pays en ruines, et une guerre qui s’installe dans la durée.
L’Europe, de son côté, a suivi l’élan américain avec plus d’émotion que de lucidité stratégique. Elle a livré des missiles, des blindés, des drones, tout en creusant un peu plus sa dépendance militaire à Washington. Résultat ? L’armée ukrainienne, malgré ce soutien logistique, n’a ni reconquis l’intégralité de son territoire ni empêché les avancées russes. Pire : certaines régions restent sous contrôle russe, et les pertes humaines continuent de s’accumuler côté ukrainien.
Alors que les chancelleries occidentales brandissaient la livraison d’armes comme la seule réponse “morale” à l’offensive russe, la réalité géopolitique impose un constat plus froid : militariser un conflit asymétrique sans stratégie politique de sortie, c’est nourrir la guerre, pas y mettre fin.
Le front gelé, les milliards fondent
La logique des armes mène à une impasse. Elle alimente un conflit qui ne peut se résoudre par la force brute. La Russie, dotée d’une supériorité démographique, industrielle et nucléaire, ne sera pas “vaincue” comme un régime fragile. La guerre ne se termine pas parce qu’on envoie plus de canons. Elle se termine quand on ose imposer le politique au militaire.
Mais jusqu’ici, les dirigeants occidentaux ont préféré armer que négocier. Ils ont fait de la guerre une affaire d’honneur, de symbole, de posture, oubliant qu’au bout de chaque missile, ce sont des civils qui meurent, et un pays qui s’effondre. L’Ukraine ne se relèvera pas avec des obus. Elle se relèvera avec un plan politique, une diplomatie ferme, un cadre de sécurité et de garanties.
Continuer à vendre des armes, c’est prolonger l’agonie. Ce n’est pas aider l’Ukraine, c’est l’enfermer dans un face-à-face qu’elle ne peut pas gagner seule. Il est temps de changer de cap en arrêtant de mentir à l’Ukraine, mais. La paix ne viendra pas d’un stock d’armement. Elle viendra d’un courage bien plus rare : celui d’imposer un compromis.
175 milliards de dollars, toujours pas de victoire
Depuis deux ans, les États-Unis ont investi plus de 175 milliards de dollars dans l’aide à l’Ukraine. En retour, aucune victoire stratégique majeure. La contre-offensive de 2023 a échoué. Les lignes bougent peu. La Russie s’adapte, mobilise, encaisse, et continue d’avancer lentement.
À Washington, le doute commence à gagner les rangs. Et pour cause : continuer d’armer l’Ukraine sans stratégie de fin de guerre, c’est nourrir un conflit éternel. C’est répéter l’erreur de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye : croire que les armes peuvent tenir lieu de solution politique.
L’Amérique ne peut pas tout militariser. Et l’Ukraine ne peut pas gagner seule. Il est temps de penser autrement : cesser de vendre l’illusion d’une victoire absolue, et commencer à construire une sortie négociée.
E.KOUAKOU