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Selon plusieurs sources proches du District autonome d’Abidjan, des travaux préliminaires d’aménagement et de sécurisation avaient été lancés pour préparer un projet de réhabilitation du site. Cependant, ces travaux ont été interrompus par des agents municipaux, qui ont exigé l’arrêt immédiat des opérations, estimant que la mairie n’avait pas été associée aux décisions concernant ce lieu emblématique du commerce populaire d’Adjamé. Des commerçants, encore traumatisés par la perte de leurs marchandises dans l’incendie, dénoncent un bras de fer administratif qui retarde la relance de leurs activités.
Les tensions ont atteint un nouveau palier le 14 novembre 2025, lorsqu’une visite presse organisée par le District autonome d’Abidjan a été interrompue dans des conditions jugées « hostiles » par plusieurs témoins. La mairie aurait reproché au District de vouloir communiquer unilatéralement sur un espace lui appartenant et dont la gestion relèverait, selon ses responsables, de la compétence exclusive de la collectivité locale.
Cet incident a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion, certains y voyant un risque de crispation politique au détriment des populations et des acteurs économiques.
Du côté du District, l’on avance que la réhabilitation de « Petit Lomé » fait partie d’un vaste programme de modernisation des espaces marchands du Grand Abidjan, initié pour renforcer la sécurité, l’attractivité commerciale et la fluidité urbaine. Plusieurs membres de la structure rappellent que le site, en l’état, représente un danger pour les riverains et nécessite une intervention urgente, justifiant la mobilisation de leurs équipes techniques.
Du côté de la mairie d’Adjamé, on insiste sur la nécessité de respecter les prérogatives municipales et de consulter les élus locaux avant tout lancement de travaux. On soutient que la commune doit rester maître d’œuvre des projets touchant directement les commerçants et les habitants.
Dans ce climat tendu, les commerçants, principaux concernés, expriment leur lassitude et appellent à un dialogue franc entre les deux institutions. Beaucoup redoutent que cette mésentente freine la reconstruction d’un espace vital pour l’économie locale et le quotidien de milliers de familles. Certains acteurs de la société civile ont même proposé une médiation, afin d’assurer une coordination efficace et transparente autour des décisions à venir.
Pour l’heure, aucune rencontre formelle entre le District et la mairie n’a été annoncée, mais plusieurs observateurs espèrent un apaisement rapide. Car au-delà des considérations institutionnelles, c’est l’avenir d’un pôle commercial majeur d’Abidjan qui se joue. La reconstruction de « Petit Lomé » pourrait devenir un symbole de cohésion ou, au contraire, un cas d’école de conflit de compétence.
J.F.PAGNI