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Un peu plus de deux mois après leur révocation de toutes fonctions, Stéphane Kipré, Arthur Dalli, Blaise Lasme et 18 autres hauts responsables du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire restent sous la menace d’autres sanctions. Il leur est reproché de s’être présenté aux élections législatives en violation de la position officielle du parti, qui avait opté pour le boycott du scrutin. La question a figuré parmi les points clés examinés lors de la réunion du Comité central tenue le samedi 24 janvier 2026.
Cette rencontre a rassemblé Laurent Gbagbo, président du parti, ainsi que plusieurs hauts responsables de la direction du PPA-CI. « Le président Laurent Gbagbo, revenant sur la situation des militants qui ont choisi d’outrepasser la décision du Comité central en se présentant aux élections législatives, a tenu à rappeler que celui qui n’apprend pas, dans l’opposition, à se conformer aux règles établies par les statuts et le règlement intérieur de son parti ne respectera pas la Constitution et les lois de la République lorsqu’il arrivera au pouvoir », rapporte le compte rendu du Comité central.
« C’est un exercice auquel l’on doit se soumettre pour se préparer à exercer le pouvoir d’État. C’est pourquoi, conformément aux procédures prescrites par nos textes, il a traduit les contrevenants à la décision du Comité central devant le Conseil de discipline, auquel il appartient désormais de traiter leur cas », poursuit le document. Laurent Gbagbo a, à cet effet, expressément demandé au Conseil de discipline « d’agir avec diligence et dans le strict respect des textes en vigueur en la matière ».
Les raisons d’une décision
Le 19 novembre dernier, le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, avait procédé, par le biais d’un communiqué, à la révocation de 22 cadres du parti, invoquant une « responsabilité politique » et un « respect pour les victimes ». Cette décision faisait suite à la session du Comité central du 6 novembre 2025, au cours de laquelle Laurent Gbagbo avait exprimé sans ambiguïté son opposition à une participation du PPA-CI aux élections législatives. « S’apprêter à aller en décembre, c’est couvrir la forfaiture qui a eu lieu, c’est couvrir les blessés et les morts d’un linceul dédaigneux », avait-il déclaré, justifiant ainsi la ligne de fermeté adoptée par le parti.
Si Stéphane Kipré, auparavant premier vice-président du parti, a pu se faire élire député sous la bannière indépendante, les 21 autres cadres ayant également fait acte de candidature, parmi lesquels Armand Ouégnin, Arthur Dalli et Blaise Lasme, n’ont pas connu le même genre. Pour rappel, Laurent Gbagbo et le PPA-CI ne reconnaissent pas le quatrième mandat du président Alassane Ouattara, qu’ils jugent illégal et contraire aux dispositions de la Constitution.
Eric KOUAKOU