Dans son message adressé aux Ivoiriens, le ministre a rappelé l’engagement pris il y a environ sept mois par ses équipes et lui-même de mettre en œuvre avec rigueur la politique de sauvegarde et de relance de l’industrie textile nationale. Selon lui, cette vision commence à se concrétiser avec la relance prochaine d’ITCI. Selon Kalil Konaté, la future usine sera équipée de matériels et de chaînes de production ultramodernes, destinés à répondre aux besoins d’une clientèle aussi bien standard que de luxe. Ces nouveaux équipements devraient permettre à l’entreprise de contribuer à l’approvisionnement du marché ivoirien, mais également à celui des pays de la sous-région. Le ministre s’est félicité du travail réalisé avec les promoteurs nationaux engagés dans le projet, soulignant leur implication dans le processus de relance de cet important outil industriel.
S’adressant particulièrement aux populations de Dimbokro, Kalil Konaté a indiqué que le patrimoine industriel de 43 hectares devrait retrouver une nouvelle dynamique avec la reprise des activités. Il a également exprimé sa reconnaissance aux autorités politiques locales, notamment au maire de Dimbokro, pour son engagement dans l’aboutissement du projet. Pour le ministre, la relance d’ITCI traduit la volonté de l’Etat de jouer pleinement son rôle dans le développement industriel de la Côte d’Ivoire. Elle s’inscrit, selon lui, dans la vision du président de la République, Alassane Ouattara, de bâtir « une Côte d’Ivoire forte et prospère ».
L’usine, qui s’apprête à reprendre ses activités après plusieurs années d’arrêt, doit être reprise par la Société des textiles de Côte d’Ivoire (Sotexi), un groupement d’actionnaires privés ivoiriens. Le repreneur prévoit d’investir environ 12 millions d’euros sur une période de cinq ans afin de permettre la remise en activité et la modernisation de l’outil de production. La reprise devrait également favoriser la création d’environ 1 000 emplois dans une première phase, offrant ainsi de nouvelles perspectives professionnelles aux populations de Dimbokro et participant à la redynamisation de l’économie locale.
Créée en 1973, ITCI avait cessé ses activités à la suite de la crise politico-militaire de 2002 et de graves difficultés financières. L’entreprise était alors confrontée à des dettes estimées à plus de 13 millions d’euros. La relance intervient dans un secteur textile fragilisé au fil des années par plusieurs facteurs, notamment les crises politico-militaires, les difficultés rencontrées par la filière coton, la contrebande ainsi que l’importation de produits contrefaits en provenance d’Asie.
Cité par Jeune Afrique, Jean-Luc Ruelle, responsable Afrique francophone du cabinet KPMG, qui a accompagné l’usine durant sa liquidation, estime que le sauvetage de cet important outil industriel devrait contribuer à relancer la production locale de tissus et de fibres « made in Côte d’Ivoire ».
La nouvelle direction devra ainsi relever plusieurs défis pour assurer la pérennité de l’activité, développer la production et permettre à l’entreprise de retrouver une place durable dans le tissu industriel ivoirien et sous-régional. La reprise annoncée début 2027 constitue, à ce titre, une nouvelle étape dans la politique de sauvegarde et de relance de l’industrie textile nationale, avec l’ambition de renforcer la production locale, créer des emplois et générer davantage de richesses au profit de l’économie ivoirienne.
Axel KONE