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Seul le chef de l’État gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a finalement effectué le déplacement à Bouaké le 7 août, afin d’assister au défilé militaire célébrant la commémoration du 65e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Attendus et inscrits au programme, ses homologues John Dramani Mahama et Mamadi Doumbouya n’ont pas pu faire le voyage.
La veille, un crash d’hélicoptère de l’armée ghanéenne survenu dans la région Ashanti avait coûté la vie à huit passagers, dont les ministres Edward Omane Boamah (Défense) et Ibrahim Murtala Muhammed (Environnement), ainsi que le coordinateur adjoint par intérim de la Sécurité nationale, Alhaji Muniru Mohammed. Le président John Dramani Mahama a décrété un deuil national et annulé toutes ses activités officielles à venir. Alassane Ouattara lui a transmis un message de condoléances. Le président de la transition guinéenne s’est quant à lui fait représenter au pied levé par son Premier ministre Bah Oury, invoquant un problème d’agenda de dernière minute alors qu’il devait se rendre aux États-Unis dans le cadre d’un séjour privé.
Arrivé le 6 août à Bouaké, le chef de l’État gabonais était accompagné de la première dame, Zita Oligui Nguema. Il a été accueilli dans une ambiance très festive par le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé. Il n’a pu s’entretenir avec Alassane Ouattara que le lendemain, avant et pendant le déjeuner officiel donné à la résidence présidentielle de Bouaké.
FMI et Banque mondiale
Lors de cet entretien, le Président gabonais a sollicité auprès de son hôte, comme en avril 2024 lors de sa venue à Abidjan, un appui au redressement des finances publiques de son pays. Brice Clotaire Oligui Nguema lui a demandé de plaider sa cause auprès du Fonds monétaire international (FMI), avec qui il négocie actuellement, et de la Banque mondiale, pour la mise à disposition de lignes de financement. Selon le FMI, la dette du pays devrait atteindre 80 % cette année. Le chef de l’État gabonais a acté début juin la création de cinq nouveaux fonds stratégiques (énergie et eau, pêche et aquaculture, habitat et logement, agriculture et infrastructures), et la suppression de la passation des marchés de gré à gré.
Le cas des Bongo
Un autre dossier a été abordé : la situation de la famille de l’ancien président Ali Bongo Ondimba, en exil à Londres. Alors que l’État gabonais a décidé de porter plainte contre l’ex-dirigeant et ses proches à Paris et à Libreville, Alassane Ouattara a conseillé à son invité de normaliser ses relations avec son prédécesseur. En septembre 2002, au lendemain de l’éclatement de la rébellion armée contre le régime de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara avait échappé de justesse à une tentative d’assassinat et avait été accueilli à Libreville par le président Omar Bongo Ondimba. Le défunt président avait présenté ce dernier aux membres de sa famille comme leur « aîné ».
Enfin, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui s’est également entretenu avec le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a demandé aux Ivoiriens d’apporter leur expertise à l’armée gabonaise en pleine refondation. Paris avait, par exemple, organisé un exercice militaire de renforcement des capacités opérationnelles des soldats béninois du 16 au 19 juillet dernier, à l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme de Jacqueville, en Côte d’Ivoire.
Source : Jeune Afrique
N.B. : Les titres sont de la rédaction.