Le tribunal d’Abidjan a décidé, jeudi 30 juillet, de renvoyer au 22 octobre prochain le délibéré dans les procédures engagées par Tchétché Abié et Antoine Siaba contre le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA). Les deux requérants sollicitent notamment la remise en cause du dernier congrès du parti ayant porté Tidjane Thiam à sa présidence.
À l’issue de l’audience, Me Blessy Chrisosthome, président du groupe parlementaire du PDCI-RDA, s’est exprimé devant la presse. Il a rappelé que les députés de son groupe avaient tenu à être présents au tribunal pour suivre une affaire « aux relents grotesques » qui, selon lui, fait peser un risque sur le fonctionnement du plus ancien parti politique ivoirien. Selon Me Blessy Chrisosthome, la présidente du tribunal a décidé de joindre les deux procédures introduites séparément par Tchétché Abié et Antoine Siaba, estimant que leurs demandes étaient de même nature.
L’élu a toutefois relevé que cette jonction avait été sollicitée auparavant par les avocats du PDCI-RDA « pour une bonne administration de la justice », avant d’être rejetée. Il s’est donc interrogé sur les raisons ayant conduit le tribunal à revenir sur cette position. « Nous espérons que c’est réellement pour une bonne administration de la justice et qu’aucune contrainte n’est venue s’introduire dans le dossier pour conduire à ce rabat de délibéré », a-t-il déclaré.
Le président du groupe parlementaire a également contesté la légitimité des requérants à agir en justice. Il a affirmé que ceux-ci n’étaient plus à jour de leurs cotisations et avaient été suspendus de leur qualité de militants sous la présidence d’Henri Konan Bédié.
À ses yeux, il est difficile d’admettre que « moins de 1 % d’un électorat » ayant été battu lors du congrès puisse aujourd’hui chercher à obtenir l’annulation de cette élection. Il a également estimé que les arguments avancés dans cette procédure reposaient sur une interprétation erronée des statuts et du règlement intérieur du parti.
Malgré ce nouveau report, Me Blessy Chrisosthome a assuré que le PDCI-RDA restait serein et mobilisé. « Le PDCI croit en la justice, le PDCI croit en son droit », a-t-il affirmé, tout en estimant que le 22 octobre pourrait uniquement être consacré à la formalisation de la jonction des procédures, avant un nouveau renvoi pour le délibéré.
Le député a également lancé un appel à la communauté nationale et internationale afin que soit préservé, selon lui, le fonctionnement normal du PDCI-RDA. « Le PDCI, c’est un esprit, et l’esprit ne meurt jamais », a-t-il conclu, réaffirmant la disponibilité de son parti au dialogue et à l’explication de ses textes internes.
E.KOUAKOU