Dans le vestiaire, peu après le coup de sifflet final, le président de la Fédération ivoirienne de football, Yacine Idriss Diallo s’est adressé aux joueurs. Un discours fort, empreint de lucidité et de solidarité, destiné à remobiliser le capitaine Franck Kessié, ses coéquipiers et l’ensemble du staff des Éléphants. Reconnaissant que l’objectif initial, ramener le trophée à Abidjan, n’avait pas été atteint, le dirigeant ivoirien a refusé de réduire cette élimination à un simple échec sportif. « Pour moi, ce n’est pas un échec », a-t-il affirmé, saluant d’abord l’engagement total du groupe. Il a rappelé les sacrifices consentis par les joueurs, contraints de quitter leurs familles et leurs clubs, parfois au risque de perdre leur statut, pour répondre à l’appel de la sélection.
Présent au quotidien durant toute la compétition, le président a insisté sur le sérieux et l’investissement observés tout au long du rassemblement. « J’ai vu comment vous avez travaillé, à quel point vous vous êtes donnés pour le pays », a-t-il souligné, avant d’admettre la supériorité de l’Egypte, l’adversaire du soir : « Ce soir, ils ont été plus forts que nous. Cela ne remet pas en cause vos qualités ni notre projet. » Sans détour, il a également pointé l’un des tournants du match : le but encaissé très tôt. Face à une équipe comme l’Égypte, prendre un but dès les premières minutes revient souvent à courir après le score, avec les conséquences que l’on connaît. Un constat partagé avec le staff technique, qui devra désormais tirer les enseignements nécessaires.
Dans un message adressé à la nation, le président Idriss Diallo a remercié les autorités ivoiriennes, ainsi que les supporters et tous les Ivoiriens qui ont soutenu l’équipe. Il a présenté ses excuses pour l’objectif non atteint, insistant sur la responsabilité collective. « Ce n’est la faute de personne. C’est celle de tout le groupe », a-t-il estimé. Loin de se projeter dans le regret, le discours s’est voulu résolument tourné vers l’avenir. La prochaine fenêtre Fifa de mars est déjà en ligne de mire, tout comme un objectif plus ambitieux encore : réaliser la meilleure performance de l’histoire de la Côte d’Ivoire en Coupe du monde. « Nous sommes dans la construction d’un projet », a-t-il rappelé, appelant les joueurs à rentrer en club, à se battre pour leurs places et à rester prêts. Malgré la douleur de l’élimination, un dernier message d’espoir a conclu cette prise de parole. Celui d’un groupe capable de revenir dans un match difficile, de faire douter l’Égypte jusqu’au bout, et surtout d’apprendre de ses erreurs. « Quand on est Ivoirien, on peut tomber, mais on n’abandonne jamais », a-t-il lancé.
Pour les Éléphants, la Can 2025 s’achève dans la frustration, mais aussi avec la conviction que le combat continue, et que les prochains rendez-vous, déjà, se préparent.
A.KONE