L’État ivoirien veut donner davantage de moyens à ses forces pour faire face à l’orpaillage illégal. La remise de ces équipements s’inscrit dans le prolongement des décisions prises par le Conseil national de sécurité (CNS) lors de sa session du 17 septembre 2026, à la suite de l’atelier national de concertation et d’harmonisation des mécanismes de lutte contre le phénomène, organisé les 4 et 5 septembre à Yamoussoukro.
L’objectif affiché est de renforcer la capacité d’intervention des forces déployées dans les zones touchées, notamment dans les secteurs difficiles d’accès.
Une importante dotation pour les forces sur le terrain

Au total, 35 pick-up, 300 motos, 12 zodiacs, des drones et des véhicules de transport de troupes ont été remis aux préfets de région, chargés de coordonner les opérations au niveau local.
Cette première dotation s’inscrit dans une commande plus large comprenant 48 pick-up, 360 motos, 84 zodiacs, 35 drones et 10 GPS. Une partie de ces équipements doit encore être livrée dans les prochains jours.
Pour Téné Birahima Ouattara, cette opération traduit la volonté du gouvernement de renforcer les capacités des forces engagées dans cette lutte. « Cette dotation traduit la volonté du Gouvernement, sous la haute autorité du Président de la République, de donner à nos Forces de Défense et de Sécurité les moyens nécessaires pour remplir efficacement leur mission », a déclaré le ministre de la Défense.
Les nouveaux équipements doivent notamment permettre d’améliorer la mobilité des unités, de renforcer la surveillance des zones sensibles et de faciliter la collecte du renseignement dans les zones difficiles d’accès.
Les préfets placés au cœur du dispositif

Cette nouvelle organisation accorde également une place centrale aux autorités préfectorales. À l’issue de l’atelier national de Yamoussoukro, le CNS a décidé de placer les préfets « au cœur de l’action, à l’initiative du renseignement et au centre de la coordination ».
Le dispositif doit ainsi favoriser une meilleure collaboration entre les comités départementaux de sécurité, les cellules civilo-militaires et les unités spécialisées, notamment le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI).
« Il vous revient de mobiliser et d’impliquer davantage les acteurs locaux dans cette bataille pour l’objectif “Tolérance zéro” », a insisté Téné Birahima Ouattara à l’endroit des responsables régionaux.
Plus de 8 500 sites démantelés depuis 2021
Pour les autorités ivoiriennes, l’orpaillage illégal constitue un enjeu qui dépasse la seule exploitation clandestine des ressources minières. Le phénomène affecte également la sécurité des populations, l’environnement, les terres agricoles et les ressources en eau.
« Ce phénomène a des conséquences dramatiques sur la sécurité des populations, la protection de l’environnement, la préservation des terres agricoles, la qualité des ressources en eau et la cohésion nationale », a alerté le ministre de la Défense.
Depuis la création du GSLOI en 2021, plus de 8 500 sites ont été démantelés, 4 474 personnes interpellées et 136 kg d’or saisis, selon le bilan quinquennal rendu public en juillet 2026.
Malgré ces opérations, les autorités font état d’une recrudescence du phénomène. Elles évoquent notamment des complicités locales, des financements extérieurs et l’implication d’acteurs étrangers.