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Pour Haller, cette Can était bien plus qu’un simple tournoi : c’était un défi personnel, un rêve qu’il caressait depuis longtemps. Mais son chemin vers la gloire a été semé d’embûches. Blessé à la cheville gauche avant la compétition, il a dû mener un combat dans l’ombre pour espérer participer à la phase à élimination directe. Son retour tant espéré s’est concrétisé en huitième de finale face au Sénégal, où il est entré en jeu à la 73ᵉ minute. Puis, il a frappé fort en demi-finale face à la RD Congo, inscrivant l’unique but de la rencontre avant d’endosser le costume de héros en finale.
Dans une interview accordée à L’Équipe, mardi 11 février, l’attaquant du FC Utrecht (prêté par le Borussia Dortmund) revient sur ces moments intenses et éprouvants : « J’attendais cette Can depuis tellement longtemps que je n’ai pas hésité à y aller, en sachant que je ne pourrais revenir qu’en demi-finale au mieux. Vu l’état de ma cheville, je ne sais toujours pas comment j’ai pu jouer dès les huitièmes contre le Sénégal… » Durant tout le tournoi, Haller a mené un combat quotidien contre la douleur.
« J’ai passé mon temps entre les mains des kinés, j’avais presque l’impression de dormir avec eux. On a fait avec les moyens du bord dans des conditions assez rudimentaires. C’était frustrant, car j’avais rêvé de ce moment et j’y assistais impuissant. Mais c’était un pari. Physiquement et mentalement, ce mois m’a usé et je l’ai payé ensuite. Il n’y a que la victoire qui permet de savourer et de se dire que ça valait le coup. », fait remarquer le joueur.
Malgré cette bataille acharnée, la joie ultime du sacre a été entachée par une frustration inattendue. Après le coup de sifflet final, alors que l’euphorie s’emparait du stade, Haller a eu le sentiment d’être privé d’un instant unique avec ses coéquipiers. « C’était fort. Mais immédiatement, il y a eu trop de monde sur le terrain, des gens qui n’avaient rien à faire là. C’est le seul truc qui me reste en travers de la gorge, car je n’ai pas pu profiter de cet instant privilégié avec l’équipe. On m’a volé ce moment unique. », déplore le héro du 11 février 2024. Un regret pour celui qui a tout donné pour être là au bon moment, après avoir enchaîné les heures de soins pour revenir en forme et offrir un sacre historique à son pays.
Ce sacre représente néanmoins l’un des plus beaux moments de sa carrière, une consécration d’autant plus émouvante après son combat contre un cancer des testicules diagnostiqué en juillet 2022. En surmontant cette épreuve, Haller a prouvé sa résilience et sa force mentale. Aujourd’hui, il poursuit son aventure en club à Utrecht, mais garde toujours un objectif en tête : rester un élément clé des Éléphants et revivre d’autres grandes émotions sous le maillot ivoirien.
Axel KONE