Face à cette escalade, la Cour pénale internationale a lancé, le 21 novembre 2024, un mandat d’arrêt international contre le Premier ministre israélien pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais Netanyahu, protégé par ses alliés occidentaux, fait la sourde oreille. Légalement poursuivi, politiquement intact, il continue son offensive comme si de rien n’était. Un fait historique. Mais que vaut la justice internationale face au silence complice de l’Occident ? Rien. Comme un caïd sûr de son impunité, Netanyahu ignore l’ordre, le piétine, le tourne en dérision. Et pendant ce temps, les bombes tombent.
Où sont les “valeurs occidentales” ?
Depuis le 13 juin 2025, Israël a lancé des frappes directes contre l’Iran. Netanyahu a franchi une nouvelle ligne rouge : des frappes militaires contre Téhéran et d’autres sites stratégiques en Iran, déclenchant un conflit direct entre Israël et la République islamique. Bilan provisoire : des civils tués par dizaines, des hauts gradés du renseignement iranien éliminés, des bases de missiles endommagées. Une agression militaire en violation flagrante du droit international. Et un objectif affiché, répété sans gêne : l’élimination physique du Guide suprême Ali Khamenei. « Nous n’excluons pas d’éliminer Ali Khamenei ; cela mettrait fin au conflit », a déclaré Netanyahu, sans provoquer la moindre condamnation sérieuse en Occident. Oui, un chef de gouvernement démocratiquement élu revendique un assassinat politique à l’échelle internationale. Et personne ne bronche.
Où sont les “valeurs occidentales” quand un allié dévaste des pays entiers ? Où sont les sanctions, les condamnations, les boycotts, les tribunaux ? Elles étaient prêtes en 48 heures contre la Russie en 2022. Mais face à Israël, c’est motus et bouche cousue. Deux poids, deux mesures. Encore. Toujours.
Le contraste avec le traitement réservé à la Russie est flagrant. Depuis l’invasion de l’Ukraine le 22 février 2022, Vladimir Poutine fait l’objet de lourdes sanctions économiques, diplomatiques et sportives. Netanyahu, lui, agit en toute impunité. Non seulement il n’est pas inquiété, mais il bénéficie d’un soutien tacite, voire explicite.
L’Europe se tait. Emmanuel Macron justifie : « La prolifération nucléaire iranienne constitue une menace pour Israël et pour nous-mêmes », a justifié Emmanuel Macron, entérinant de fait l’agression israélienne et reprenant les éléments de langage des chancelleries occidentales.
Installer un régime fantoche aux ordres
Les États-Unis couvrent. Retour aux vieilles recettes. Comme en 2003, lorsque George W. Bush et Colin Powell avaient invoqué de fausses armes de destruction massive pour renverser Saddam Hussein sans l’aval de l’ONU. Les mêmes mensonges, les mêmes prétextes. Après l’Irak et ses « armes de destruction massive » inventées de toutes pièces, voici l’Iran, désigné comme cible à abattre. L’objectif ? Finir le travail : détruire la République islamique née en 1979, et y installer un régime fantoche aux ordres des grandes puissances.
Donc le scénario se répète : instrumentaliser une menace, habiller une guerre préventive en croisade pour la démocratie, et renverser un régime islamique au profit d’un pouvoir plus docile. Autrement dit : feu vert à la guerre, feu vert aux massacres, feu vert aux frappes sur Téhéran. Ce n’est plus de la diplomatie, c’est de la collaboration.
Mais cette fois, le sale boulot est confié à un homme que la justice accuse. Un criminel de guerre, toujours Premier ministre, toujours en exercice, toujours impuni. Il n’a plus rien à perdre. Et tant que l’Occident l’appuiera, il n’aura rien à craindre. C’est cela, le vrai scandale : l’impunité armée d’un dirigeant qui sème la mort avec la bénédiction des puissants. Il est temps de dire stop. Pas à demi-mots. Pas à huis clos. Stop, maintenant.
Eric KONAN