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Tout est parti d’une provocation : Israël a frappé le territoire iranien, croyant en finir rapidement avec un régime honni. Mais l’Iran a riposté. Et les limites du “Dôme de fer”, souvent présenté comme une muraille impénétrable, ont été cruellement révélées. Le mythe s’est effondré.
Pris de court, Donald Trump, revenu au pouvoir sur des promesses de paix et d’ordre, a choisi l’escalade. Au lieu de mettre fin au conflit russo-ukrainien comme il l’avait promis, il ouvre un nouveau front, cette fois contre l’Iran, sans débat démocratique, sans l’ombre d’un accord international. Un État membre de l’ONU bombardé dans un silence glaçant.
Et pendant que les missiles tombent, l’ONU regarde ailleurs. António Guterres se tait. Le Conseil de sécurité est paralysé. L’Organisation des Nations unies ne pèse plus rien face aux puissances qui la contournent, l’ignorent ou s’en servent comme vitrine.
La guerre gronde partout
De Gaulle l’avait résumé en un mot : un “machin”. Il ne croyait pas si bien dire. Et le temps lui donne raison. Le cancer, qui avait emporté son ancêtre de la Société des Nations (SDN, 1919-1946), a aujourd’hui métastasé l’Organisation des Nations unies : manque de pouvoir réel à cause de son impuissance à imposer son autorité, instrument des puissants qui, ou le manipulent ou l’ignorent royalement, incapacité à imposer des sanctions efficaces et à prévenir les conflits, qui se déclarent un peu partout. La maladie qui avait condamné la Société des Nations (incapacité, impuissance, soumission aux puissants) ronge désormais son héritière. L’ONU n’est plus un arbitre, ni même un rempart. Elle n’est plus qu’une coquille vide. Une structure creuse, incapable de prévenir les guerres, d’imposer le droit ou de faire respecter les sanctions.
La guerre gronde partout. L’agression devient doctrine. Le droit international, une blague. Et face à cela, l’ONU ne pèse rien. Rien d’autre qu’un cache-misère pour les faiseurs de guerre.
Les Ivoiriens ont un proverbe tranchant : “C’est ce qui a tué Macloclo qui va emporter Maclacla.” Si la SDN est morte de son impuissance, l’ONU meurt aujourd’hui de son absence totale d’autorité. Et elle entraîne le monde avec elle, dans sa chute.
Eric KONAN